Portage d’initiatives spontanées https://capacitespubliques.la27eregion.fr Fri, 17 Mar 2023 14:01:01 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.4.8 Capacités publiques : le livrable ! https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2023/03/17/capacites-publiques-le-livrable/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=capacites-publiques-le-livrable Fri, 17 Mar 2023 13:59:35 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=814 Un programme né de l’observation des transformations publiques au début de la crise Covid

En 2020, La 27e Région, les agences Vraiment Vraiment et Partie Prenante et un groupe de collectivités territoriales partenaires, avec  l’appui de la Délégation Interministérielle de la Transformation Publique (DITP), ont mené une enquête collaborative sur les transformations publiques par temps de crise, Réflexes Publics. En effet, la crise sanitaire a produit une mise en tension des administrations publiques, confrontées à la nécessité d’assurer la continuité des services publics dans un contexte inédit, comme elle a constitué un “formidable” accélérateur d’innovations organisationnelles.

Les constats révélés par cette enquête ont permis de tirer des grandes orientations et des pistes prospectives prenant leur source dans ces innovations spontanées. Ces pistes sont autant de leviers d’action pour que la transformation publique puisse utilement révéler et renforcer la capacité des personnes, des organisations et des territoires à réagir, rebondir, réduire l’impact des crises, mais aussi pour pérenniser ces innovations quand elles ont permis d’améliorer les conditions de travail et la qualité du service public, dans une logique directement inspirée de l’innovation ouverte.

Portage d’initiatives spontanées, micro-mobilité professionnelle, management de la subsidiarité : penser et tester de nouvelles formes d’organisation et de travail

Durant toute l’année 2022, le programme Capacités publiques s’est attaché à traduire trois de ces pistes prospectives en une série d’expériences concrètes au sein d’administrations volontaires (10 collectivités territoriales, un CCAS et une Carsat, en partenariat avec le réseau ANACT-ARACT*) : le portage d’initiatives spontanées, la micro-mobilité professionnelle et le management de la subsidiarité. Pour chaque piste, le programme a alterné des sessions collectives permettant le croisement et le partage pair à pair et entre administrations, et la montée en compétence sur ces nouveaux modes d’organisation d’une part, et des temps d’appui « individualisé » pour construire et mener une série de tests, adaptés à chaque organisation.

Parmi les idées développées et testées : un incubateur à idées d’agent.e.s, un dispositif de micro-mobilité inter-institutionnelle, un parcours d’initiation à la gouvernance partagée ou encore un processus pour co-définir et adopter des pratiques de travail plus en autonomie au sein d’une équipe.

Le partage d’expériences et les tests conduits (ou abandonnés !) dans le cadre du programme ont permis de tirer des enseignements utiles pour mener les transformations organisationnelles et managériales nécessaires à une administration publique plus résiliente : de l’importance de donner un sens clair à l’action (le « Pourquoi ? » avant le « Comment ? ») et de l’incarner dans le quotidien (et pas seulement dans le cadre d’une expérimentation ou d’une démarche innovante) à la nécessité de privilégier la sobriété et la simplicité des formes, des dispositifs, des outils (et d’en finir avec l’inflation et l’empilement des projets managériaux, appels à idées et chartes en tout genre), en passant par l’intérêt de renouveler les approches classiques des ressources humaines (et notamment de dépasser le seul prisme des standards de compétences).

Les prémices d’une nouvelle ère de la gestion et du management publics ?

Si Capacités publiques est née de l’observation de nouvelles pratiques et modes d’organisation au début de la crise Covid, et des questionnements que ces innovations ont fait surgir, force est de constater que les notions de crise et de résilience des administrations sont progressivement passées à l’arrière-plan au fur et à mesure de l’avancement du programme. Les réflexions et les tests conduits ont finalement pris place dans un cadre « de droit commun », bien antérieur à la crise sanitaire, celui des projets d’administration, des référentiels managériaux ou de la gestion prévisionnelle des emplois et compétences. Les pistes explorées correspondent en effet à des tendances de fond, même si elles sont encore fragiles, d’une transformation managériale et culturelle des collectivités, visant à développer l’agilité, renforcer l’autonomie et la prise d’initiative, favoriser l’expérimentation, redistribuer autrement le pouvoir d’action au profit de l’intelligence collective, redéfinir le rôle du manager…  Pour la plupart des participant.e.s au programme, ce mouvement était déjà engagé avant 2020, la crise Covid ayant parfois simplement contribué à son accélération.

Pourtant, au fil des mois, de nouveaux signaux sont apparus, donnant une autre résonance à nos travaux. Perte de sens, crise du recrutement (qui touche maintenant presque tous les métiers au sein des collectivités), sobriété de l’action, bifurcation ou renoncements … autant de mots/maux qui dessinent un nouveau régime, une nouvelle ère de la gestion publique et ouvrent la voie à de nouveaux chantiers pour bâtir les capacités publiques de demain. Autant d’enjeux face auxquels les nouveaux modes d’organisation et de management explorés dans Capacités publiques, ainsi que les méthodes d’apprentissage collectif et d’essai-erreur proposées dans le programme, peuvent apporter des premières réponses. Mais qui  appellent également à porter une attention accrue face aux risques de faire de ces transformations organisationnelles un simple expédient au manque désormais structurel de moyens (matériels, humains, financiers, de temps …) …

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Le livrable de Capacités publiques est à lire ici en ligne ou à télécharger là (version imprimable).

Vous y trouverez les éléments de diagnostic et d’inspirations partagés par les agent.e.s participant.e.s autour de chacune des trois pistes, le détails des tests imaginés et conduits (ou pas pour certains), mais aussi des conseils pratiques pour mener des expériences similaires au sein d’autres organisations.

*Organisations ayant participé au programme : Communauté urbaine de Dunkerque, Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, Nantes Métropole, lab La Piste (Département de l’Isère, CCAS, Ville et Métro de Grenoble), CARSAT Centre Ouest, Ville de Caluire-et-Cuire, Ville de Lyon, Département de la Gironde et la Région Centre Val de Loire, Réseau ANACT-ARACT. Merci à elles !

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Mode test activé à Caluire et Cuire https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2023/01/26/mode-test-active-a-caluire-et-cuire/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=mode-test-active-a-caluire-et-cuire Thu, 26 Jan 2023 14:56:59 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=789 La mission transversale de la Direction Transformation, Accompagnement et Numérique (DTAN) de la ville de Caluire et Cuire a participé pendant 10 mois au programme Capacités Publiques, et on peut dire que nos testeur.euse.s n’ont pas fait les choses à moitié ! En réalisant deux tests en un, ils ont pu expérimenter en simultané les deux bouts d’un incubateur à initiatives. Vous voulez en savoir plus ? On vous raconte … 

Le projet de test

Intelligence collective et droit à l’erreur sont des principes affirmés depuis plusieurs années au sein de la collectivité. Dans ce cadre, l’équipe de la DTAN a été missionnée par la Direction générale pour cultiver l’inventivité des agent.es et la mise en œuvre de la subsidiarité en accompagnant des initiatives qui permettront d’améliorer en continu l’administration et le service rendu aux usager.e.s. En encourageant un droit à l’initiative, c’est aussi la capacitation des agent.e.s à développer une idée en mode projet qui est affirmée. L’objet du test visait donc à imaginer un processus de maturation et sélection des idées des agent.e.s, et qui permettrait ensuite de les expérimenter.

Pour mener à bien ce test, l’équipe à partager sa réalisation en deux phases :

  • Favoriser l’émergence d’idées et leur sélection.
  • Expérimenter une idée (sélectionnée en amont).
Déroulé prévisionnel imaginé lors d’une session collective

Vous avez des idées ? Déposez-les ! 

En mai 2022, nos 3 supers Caluirard.e.s ont lancé un appel à idées sur l’intranet. En plus d’en parler autour d’eux, une communication a également été faite dans la lettre d’information interne.

13 idées ont été déposées, et pour rendre le test plus « léger », l’équipe de la DTAN avec l’appui de la DG a effectué une pré-sélection de 5 d’entre-elles. Le besoin de consolidation de l’idée en bi-latéral était très hétérogène selon les agent.e.s, mais tou.te.s ont pu bénéficier de deux sessions collectives « apprendre à pitcher une idée », proposée par l’école de formation interne TRUC².

Les idées pré-sélectionnées:

  • Une plateforme d’échanges/troc entre agent.e.s. Idée proposée par un agent du Service Informatique, qui la développe avec un de ces collègues. Elle est lancée et sera évaluée fin janvier 2023.
  • Une flotte de vélo (électrique) pour les agent.e.s : 3 vélos à assistance électrique ont été achetés en décembre 2022. Le test sera lancé fin janvier 2023.
  • Assurer la continuité du service crèches en cas d’évènements climatiques extrêmes, via un processus de redéploiement des agent.e.s.
  • Un cours de Yoga.
  • Faire circuler les expositions de l’Hôtel de Ville dans les différents services.

Apprendre à pitcher une idée : un succès !

Ces ateliers, bien que destinés aux porteur.euse.s d’idées, étaient ouverts plus largement aux agente.s, et quelques-un.e.s sont donc venu.e.s épauler leurs collègues pour la construction des pitchs. « Même si l’aisance à l’oral était hétérogène, l’ambiance était bonne enfant, bienveillante, et les gens acceptaient de se jeter dans le bain ». Le service com’ a même été mobilisé pour faire des capsules vidéo avec les agent.e.s qui ne pourraient pas être présent.e.s lors du jury de sélection.

Les agent.e.s passent le grand oral :

Un jury de sélection, comprenant des membres de la Direction Générale et des représentant.e.s du personnel, faisait face aux porteurs d’idées. 9 au total : « Si on avait su, pas sûr qu’on serait venu » confient les participant.e.s un peu impressionné.e.s au début.

Après le pitch, les questions-réponses se faisaient sous forme de petit jeu de rôle, où les membres du jury incarnaient des Monsieurs-Madames.

Malgré une grille d’évaluation des idées bien précises, il a été difficile pour le jury de choisir parmi les 5 idées. 2 ont officiellement étaient poussées en mode expérimentation, et 2 autres seront développées par ailleurs, intégrant des projets ou des structures existantes.

Au final, le seul projet écarté est celui porté par… un service, et non une personne. Cela questionne nos testeur.euse.s pour de futurs appel à idées : comment valoriser le portage collectif d’une action ? Est-il pertinent d’encourager la posture de l’intrapreneur individuel ? Comment éviter l’hypervalorisation d’un individu dans un équipe, et faire quelque chose de plus collectif ?

Grille de sélection du jury

Aussi, parmi les idées retenues (même si officiellement elles ne seront pas développées dans ce cadre), il y a par exemple la flotte de vélo : c’est une idée difficilement expérimentable, car elle nécessite tout de suite un budget, que ce soit pour de l’achat, ou de la location où les contrats sont de 3 ans, avec une pénalité de sortie si le contrat est rompu avant terme. 3 vélos électriques ont donc été achetés et mis à disposition de cette collectivité de 600 agent.e.s. « Finalement, l’expérimentation ce sera davantage comment les agent.e.s vont s’emparer de ce dispositif de mise à disposition de vélo : leur retour d’expérience, leur pratique etc… ».

Expérimenter une idée : on mouille la chemise le temps d’un test à la piscine 

Lors d’une rencontre avec l’équipe de la piscine municipale dans le cadre de leur projet de service, un éducateur territorial des activités physiques et sportives a évoqué le projet de développer une heure de sport dédiée aux agent.e.s, participant à leur bien-être mais aussi dans l’idée de créer du lien entre les services déconcentrés. Au fil des discussions, ce projet est poussé pour être expérimenté dans le cadre de Capacités Publiques : le test Aquatraining est né ! Pas question ici d’imaginer un processus pour recueillir les initiatives des agents, mais de partir d’une idée déjà formulée pour tester sa mise en œuvre.

Affiche réalisée par l’équipe DTAN
Lors d’une itération de l’activité aquatraining

Une éclaboussure sur le test : que faire quand le porteur de l’initiative s’en va ? 

Après ce premier test sur plusieurs créneaux différents, ayant réunis au total une cinquantaine d’agent.e.s de la collectivité, le porteur de l’initiative a pris une disponibilité et a quitté la collectivité, ce qui a ralenti le processus. D’autant plus que l’équipement mène actuellement un travail de réorganisation dans le cadre de son projet de service, le besoin est à la stabilité, et l’attention à d’autres priorités.

Le départ de l’agent porteur de l’initiative a perturbé l’expérimentation de l’activité Aquatraining. En effet, l’équipement est actuellement dans une démarche de projet de service et l’activité y est dense. Difficile pour le management de proximité de sécuriser le portage de l’initiative après le départ de l’agent expérimentateur. Notre équipe de testeurs tire de cette expérience un enseignement sur le portage collectif d’une initiative, qui est à privilégier pour garantir à la fois que cela ne repose pas sur la seule volonté d’un.e agent.e, qui peut s’essouffler, d’autant que cela a un impact direct sur l’activité de l’équipement (nécessité de dédier un créneau aux agent.e.s et d’avoir un.e coach disponible).

Mais tout est bien qui fini bien : une fois les plannings et le fonctionnement de la piscine stabilisés, il pourra être envisagé, sur la base des enseignements de ce test, de créer l’offre de service aquatrainng et l’inscrire dans le rythme de travail des agent.e.s.

Que retenir de ces tests ? Les questions soulevées et les enseignements tirés

  • L’appel à idées : si le format ludique proposé a permis de mobiliser les agent.e.s, le processus testé était un peu chronophage pour la plupart des participant.e.s. L’augmentation du temps d’investissement fait poindre le risque d’un sentiment de frustration en cas de non sélection… des points de vigilances à avoir en tête pour les prochains appels à idées (car il y en aura !).
  • L’incubateur pourrait être une bonne idée dans la mesure où il permet d’accélérer des idées/projets qui n’avaient jamais abouties.
  • On constate l’amélioration de l’interconnaissance, entre les agent.e.s et avec la direction : « on fait se rencontrer des gens qui ne s’étaient jamais vus, ou pas en bilatéral ».
  • Quelle valorisation pour les agents qui prennent des initiatives ? Comment diffuser ce droit à l’initiative et encourager d’autres agent.e.s à s’en saisir ? Cela doit il passer par une prime ? Une reconnaissance financière ?
  • Que faire des idées qui ne concernent pas l’agent.e lui-même ? « j’ai un peu honte j’ai l’impression de donner du travail aux collègues …».
  • Favoriser le portage collectif pour faciliter l’engagement dans la durée des agent.es.

 

 

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Portage d’initiatives spontanées : plongez dans les tests ! https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/07/21/portage-dinitiatives-spontanees-plongez-dans-les-tests/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=portage-dinitiatives-spontanees-plongez-dans-les-tests Thu, 21 Jul 2022 13:56:35 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=770 Depuis janvier, les participant.es de la piste « portage d’initiatives spontanées » réfléchissent à des tests qu’ils pourraient expérimenter dans leurs administrations et auprès des agents afin d’insuffler et accompagner une nouvelle dynamique de droit à l’initiative. Deux grandes orientations de tests semblent se dessiner : mettre en lumière des initiatives et pratiques à l’œuvre via des dispositifs qui identifient des micro-initiatives invisibles ; préfigurer des incubateurs à idées pour renouveler le récit sur l’intérêt général en encourageant les initiatives des agents. Petit tour d’horizon des tests en cours :

Un futur lab d’initiatives publiques à Lyon pour un coup de pouce collectif aux idées des agents. 

Pour le test, les Lyonnais.es proposent de partir d’une idée remontée lors de l’élaboration du Plan d’administration (PAD), et de s’en servir comme prétexte pour expérimenter des modes opératoires du futur lab d’initiatives publiques : les agents ont proposé de créer un kit de sensibilisation à la transition écologique pour les agents nouvellement recrutés.

Pour tester ce processus d’accompagnement, une chaîne d’appui aux initiatives d’agents a été imaginée, que le test va venir mettre à l’épreuve : une moisson des idées (non traitée dans le cadre de ce test), ouvrant la porte à une séance de débuggage pour reformuler et clarifier l’idée, aboutissant à un atelier de prototypage par une équipe ressource pluridisciplinaire et interne, pour créer les conditions de mise en test du prototype, ajustements et évaluation avant son éventuel développement.

Ce dispositif d’accompagnement vise à encourager le développement d’initiatives de manière collective, renouvelant ainsi le récit de l’intérêt général plutôt que la figure de l’entrepreneuriat individuel.

Incuber les initiatives d’agents à Caluire et Cuire : faire s’épanouir une idée en projet

L’équipe du Secrétariat général souhaite cultiver l’inventivité des agents et la mise en œuvre de la subsidiarité en accompagnant des initiatives qui permettront d’améliorer en continu l’administration et le service rendu aux usagers. En encourageant un droit à l’initiative, c’est aussi la capacitation des agents à développer une idée en mode projet qui est affirmée. L’objet du test vise donc à imaginer un processus de maturation et sélection des idées par les agents, puis de les expérimenter.

Nos participantes ont testé différentes modalités de recueil d’idées : appel à idées sur l’intranet et dans la gazette des agents, communication directe en évoquant l’initiative dans les services à différentes occasions (vis ma vie, co-construction des projets de service, etc). Cinq idées ont ensuite été présélectionnées pour faciliter l’expérimentation, et une session d’accompagnement pour créer un pitch percutant a été proposée aux agents (une consolidation de l’idée en individuel et un atelier de formation collectif), dans la perspective de présenter leurs idées devant un jury mixte réunissant membres de la direction générale mais aussi agents et représentants du personnel. La sélection faite selon un grille d’évaluation valorisant la frugalité, c’est le passage à l’expérimentation de l’idée, qui serait accompagnée par le secrétariat général et l’école de formation interne TRUC ². De quoi offrir une portée collective à ces idées !

Pour tester différentes étapes de l’incubateur en simultanée, une initiative a été expérimentée afin de pouvoir capitaliser sur les modalités d’accompagnement dans le temps imparti des tests. En rencontrant la direction « équipements » dans le cadre de leur projet de service, nos participantes ont retenu l’idée portée par un éducateur territorial des activités physiques et sportives de la piscine municipale : proposer une heure de sport aux agents (en l’occurrence de l’Aquatraining pour le test) participant à la fois à santé et au bien-être des agents, mais aussi à créer du lien entre les services déconcentrés (on ne vous avez pas dit que pour plonger dans les tests vous auriez besoin de votre bonnet de bain ?). Le secrétariat général qui porte le test s’improvise alors chargé de com’ pour mettre en test l’idée de manière « quick and dirty » (comme aime le dire Romain Thévenet, designer à la 27e Région). En enveloppant ce test de rubalise (attention, ceci est un test !), l’équipe s’assure qu’il se déroule dans un cadre sécurisant et défini, et évite les déceptions en cas de non pérennisation.

Des équipes de « vendangeurs » en Gironde : détecter de manière frugale les initiatives d’agents prêtes à être récoltées.

Partant du constat qu’il existait probablement sur le territoire des initiatives déjà opérantes, nos participantes du Département de la Gironde ont posé comme préalable la diffusion d’un récit d’un droit à l’initiative, alimenté par un travail de documentation pour porter à connaissance la créativité des agents. L’objectif n’est pas tant d’appeler aux nouvelles idées et d’encourager l’intrapreneuriat (au risque de décevoir certains agents qui ne pourraient être accompagnés), sinon de soulever délicatement les feuilles de vigne pour regarder les grappes d’initiatives qui s’y épanouissent, en récolter certaines pour produire un millésime girondin.

Pour ce faire, le test vise à expérimenter des modalités de récolte des idées (les raisins mûrs mais aussi les bourgeons qui ne se sont pas épanouis), du recrutement des vendangeurs – un petit groupe d’agents volontaires pour investir ce rôle – , à l’affutage de leurs outils (modalités d’enquêtes, observation et entretiens).

…et on adore la métaphore viticole proposée par les participantes !

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Journée interpistes (3) : des premières briques vers une transformation managériale et culturelle des collectivités https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/06/22/journee-interpistes-3-des-premieres-briques-vers-une-transformation-manageriale-et-culturelle-des-collectivites/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=journee-interpistes-3-des-premieres-briques-vers-une-transformation-manageriale-et-culturelle-des-collectivites Wed, 22 Jun 2022 17:09:18 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=712

Lors de cette journée du 9 juin réunissant toutes les participantes et participants au programme, nous avons invité Olivia Yves, consultante et conférencière, à poser son regard de spécialiste des transformations managériales, culturelles et RH et à apporter une prise de recul sur nos travaux. Voici les réflexions qu’elle nous a livrées :

Les projets en cours d’expérimentation dans le cadre du programme illustrent une nouvelle culture managériale que l’on peut intituler « co-responsable » : développer l’agilité, renforcer l’autonomie et la prise d’initiative, favoriser l’expérimentation, redistribuer autrement le pouvoir d’action au profit de l’intelligence collective, redéfinir le rôle du manager… Ces projets permettent d’initier, ou de conforter, une transformation managériale et culturelle dans les collectivités concernées. Ils constituent en tant que tel des pratiques managériales innovantes.

Qu’est-ce que l’innovation managériale ?

Nous considérons que le management coresponsable est l’innovation managériale.

Il s’agit d’une transformation majeure des pratiques et postures collaboratives entre (et pour) les managers et les collaborateurs, en vue d’évoluer d’une relation “Parent/Enfant” à “Adulte/Adulte”, dans le but de trouver le plus juste équilibre entre épanouissement personnel et performance professionnelle, afin de créer de nouvelles valeurs pour l’organisation, ses collaborateurs et son environnement.

(Source : L’innovation managériale en action, Francis Boyer, avec la collaboration d’Olivia Yves, Éditions Eyrolles 2020)

Ces projets peuvent entraîner un décalage culturel entre cette nouvelle tendance et des cultures bureaucratiques et stratégiques qu’on retrouve encore beaucoup dans les collectivités. C’est une étape. Une évolution managériale ou culturelle passe justement souvent par de petites initiatives prises à l’échelle d’un projet expérimental ou d’un service pour remédier à une problématique concrète et qui ensuite infusent potentiellement au sein de la collectivité.

Surtout, ne pensons pas que l’on ne peut rien changer sans changer l’organisation ! Les pratiques managériales innovantes constituent de nouvelles manières de se regrouper et de travailler en dehors de la répartition des responsabilités institutionnelles. Elles portent sur de nouvelles façons de se réunir, de décider, sur l’expression d’idées ou encore de nouveaux rôles au sein de l’organisation.

Attention cependant, ces transformations prennent du temps, entre 12 et 36 mois. Il s’agira alors d’être patient, de procéder étape par étape, et de ne pas hésiter à révéler et traiter les injonctions paradoxales qui émergeront forcément sur le chemin (exemple : soyez plus agiles (culture coresponsable) et respectez les règles (culture bureaucratique)).

3 pistes à garder en tête dans le cadre de ces expérimentations :

  1. Les valeurs collaboratives, un levier fort de transformation

Ces nouvelles pratiques managériales reposent avant tout sur un nouvel état d’esprit plus que des méthodes. Le levier de mobilisation se situe au niveau identitaire (qui nous voulons être) et sa formalisation s’effectue via des valeurs collaboratives, par exemple la confiance ou encore le partage.

Elles donnent du sens à l’exploration de nouvelles pratiques collaboratives et constituent un excellent outil d’animation d’équipe. Elles peuvent aussi être utilisées pour définir le cadre d’autonomie au sein duquel les agents pourront agir ou prendre des initiatives.

Pour en savoir plus : https://www.innovationmanageriale.com/collaboration-intelligence-collective/le-management-par-les-valeurs-mode-demploi/

  1. Les appétences, un levier d’exploration à tester

Et si on passait du savoir – faire (compétences) à l’aimer – faire (appétences) ? Une appétence est le plaisir provoqué par le traitement d’une activité confiée. Pourquoi ne pas utiliser le concept des appétences, en complémentarité (voire à la place) des compétences pour inciter les agents à se lancer dans les projets du programme ? Cela pourrait constituer un levier pour orienter les agents sur de nouveaux projets dans le cadre de micromobilités ou encore donner envie aux agents de prendre des initiatives, de proposer de nouvelles idées d’actions car elles leur permettent de s’épanouir dans le travail.

Pour en savoir plus : https://www.innovationmanageriale.com/bien-etre-plaisir/de-la-gestion-du-savoir-faire-au-management-de-laimer-faire/

  1. Expérimenter de nouvelles pratiques en se fixant des objectifs d’apprentissage

Aucune des organisations que nous avons rencontrées ou que nous accompagnons ne se sont imposées d’objectifs de performance lorsqu’elles ont décidé d’expérimenter de nouvelles pratiques managériales. Toutes se sont engagées dans ces démarches en se fixant des objectifs d’apprentissage, ce qui leur a permis de s’autoriser à échouer, à commettre des erreurs et d’adapter progressivement leurs nouvelles pratiques managériales.

Et n’oublions pas : Chacun d’entre nous, chaque jour, fait des choix perpétuant la culture bureaucratique dominante. Cela signifie par conséquent que chacun a aussi des opportunités modestes, mais significatives, de travailler différemment, de cocréer une culture organisationnelle différente. Lindsay Cole, fondatrice du laboratoire d’innovation publique de Vancouver

C’est ce que font les porteurs de projets du programme, merci à ces explorateurs de nous partager leur aventure collective !

 

 

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Journée interpistes (2) : s’inspirer https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/06/22/journee-interpistes-3-sinspirer/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=journee-interpistes-3-sinspirer Wed, 22 Jun 2022 10:31:45 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=707

Le dernier temps de la journée du 9 juin, qui a réuni toutes les participantes et participants au programme, était consacré à des problématiques transversales aux pistes de travail de Capacités publiques et aux différents tests en cours. Les participant.e.s de chaque groupe étaient invité.e.s à piocher une ressource à lire, une écouter ou visionner parmi celles que nous avions sélectionnées en amont, en lien avec chacune des trois thématique (et qu’on vous partage ci-dessous) :

Il s’agissait ainsi de trouver des inspirations pour …

  • Mettre en récit ses projets
  • Évaluer une démarche expérimentale
  • L’après-test (du test à la mise en oeuvre) 

Un temps de partage a ensuite permis à chacun.e de présenter sa ressource, en mettant en lumière ce qu’il ou elle en retenait pour la suite du programme. Difficile de résumer les échanges riches qui ont eu lieu dans chaque groupe, mais en voici un petit medley :

Mettre en récit ses projets

Mettre en récit, mettre en projet … Même si les collectivités manquent d’habitudes en la matière, la mise en récit peut-être un élément déterminant de démarrage d’une démarche, pour mettre en mouvement les individus et les collectifs. Plus généralement, la mise en récit est un projet dans le projet, avec sa stratégie, son calendrier, son management, ses livrables … et son volet ressource humaine. A quand des “chargé.e.s de la mise en récit” au sein de chaque collectivité ?

Quelques ressources inspirantes : Repères sur la mise en récit(s) de vos projets de transitions (CERDD), La capacitation citoyenne. Une année pour partager les pratiques et imaginer une nouvelle approche, Les cahiers de la prospective (Nantes Métropole).

Révéler tous les points de vue. Il faut distinguer la mise en récit (qui repose sur la capacité donnée aux personnes d’être les auteurs de leur vie, et encourage donc la subjectivité) du storytelling (récit dominant, imposé). Le récit peut permettre de redonner de l’estime, de la valeur aux territoires et aux personnes en donnant le point de vue de celles et ceux qui ont moins ou pas la parole (par exemple, en lien avec nos sujets, le point de vue des managé.e.s – pas seulement celui des managers – pour leur permettre de réinvestir subjectivement leur travail, de développer leurs propres normes). Cela suppose de représenter ce qui est important pour soi et pour chacun.e, et de montrer le rapport entre un sujet et son environnement, comme le font notamment les cartes sensibles.

Quelques ressources inspirantes : Raconter la vie, le projet éditorial initié par Pierre Rosanvallon au Seuil; les Cartes subjectives (Grrr Design), des cartes géographiques pour montrer comment le territoire est vécu personnellement et collectivement par des habitant.e.s ; TOPO-LEX, un site contributif pour enquêter sur les réalités matérielles du droit dans ses formes les plus diverses ; 

Comment ça se traduit dans Capacités publiques ? Nos participant.e.s repartent animé.e.s du souhait de jouer les reporters et d’aller recueillir le témoignage de leurs collègues “testeur.euse.s” sur le terrain, de les aider à exprimer leur vécu et ainsi à être encore plus acteurs de l’expérience.

Évaluer une démarche expérimentale

Une évaluation, des évaluations … Quand, dans le cadre de l’évaluation d’un service ou d’une politique publique, on s’attachera à questionner son efficience, dans l’évaluation d’un projet expérimental, on cherchera à collecter les enseignements tirés du test, des idées pour l’améliorer, etc. Si l’on peut évaluer en continu et/ou à différentes étapes de test, il est important de donner une fin à l’expérimentation. On pourra ensuite ainsi passer à une nouvelle itération (tester un autre aspect du dispositif, avec un autre service, à une autre échelle, etc.) ou à la mise en place du dispositif de manière pérenne.

Quelques ressources inspirantes : Évaluer les expérimentations : Enjeux et postures de l’évaluateur/rice (Quadrant conseil) ; Le design de l’action publique, vers une hybridation entre culture design et culture de l’évaluation (Quadrant conseil,SDS, 27e Région) ; L’évaluation de l’innovation, un terrain à conquérir (Acteurs publics)

Quelle place donner à l’usager dans l’évaluation  ? Plutôt que d’évaluer à postériori, construisons ensemble les indicateurs et évaluons en continu, collectivement, avec les usagers parties prenantes du test. On pourra dans ce sens rendre visible, formaliser, documenter au fil de l’eau les enseignements pour les partager plus largement et recueillir d’autres retours.

Quelques ressources inspirantes : Une Web-série “Evaluer l’expérimentation” qui invite à rencontrer les acteurs de l’innovation, en France et à l’international, dans des domaines variés : innovation urbaine, design, innovation sociale, industrie…  Un épisode est dédié à « Évaluer, avec qui ?”

Faire simple  ? Et si évaluer ce n’était pas si compliqué ? Et si c’était un processus plus apprenant ? Et si l’enjeu, c’était d’embarquer les agents et les parties prenantes, plus que de produire des métriques très sophistiquées ? Dans notre veille, nous avons identifié plusieurs jeux pour faire redescendre la pression d’un cran !

Quelques ressources : StratEval , un jeu pour élaborer collectivement une stratégie évaluative et ne pas résumer le travail d’évaluation aux outils que l’on déploie, mais d’abord réfléchir à ce que l’on veut faire (Quadrant conseil) ; Evalphobia, on a tous une bonne raison de ne pas évaluer (SDS) pour identifier toutes les bonnes raisons que l’on a de ne pas faire de l’évaluation (…et trouver les leviers à actionner pour permettre la mise en place de ce type de démarche).

Comment poser l’hypothèse de départ ? Finalement, qu’est-ce qu’on évalue? Ce qui différencie une démarche de design d’une autre approche, c’est que l’on va, face à un problème, formuler rapidement une intuition, l’hypothèse d’une réponse, à laquelle on donnera une forme tangible (un objet, un dispositif, etc.) qui fera l’objet du test, puis le façonner par ces boucles de rétroaction. C’est finalement cette hypothèse de départ, dont on va évaluer la validité (est-ce que mon intuition était bonne ?) et l’adéquation (est-ce que le dispositif, l’objet tel que je l’ai imaginé a la bonne ergonomie, correspond au besoin, au contexte, etc…)

L’après-test

Pas de test sans créer le cadre de l’après-test ! Si l’objectif est de développer la ou les solutions retenues, dans ce cas il faut commencer à répondre à certaines questions dès en amont : comment créer un cadre de confiance le plus tôt possible entre les participant.e.s ? Comment mettre en place un processus itératif qui permette aux participant.e.s de faire progressivement évoluer leurs représentations et donc leurs positions ? Quelles sont toutes les choses à faire concrètement pour créer de l’adhésion autour du projet : documentation, ambassadeurs, suivi du projet, etc. ?

Quelques ressources inspirantes : Dans “Le Lab des Labs”, Pérenniser et se renouveler (p.70-71), ou Comment travailler la viabilité d’un concept innovant (page 73 de “Adoptez l’esprit Proofmaking”)

Les valeurs au cœur de l’après-test… De nombreux projets échouent pour avoir surestimé la question des compétences – certes essentielle – mais sous-estimé l’importance de la vision et des valeurs qui les fondent. Comment sortir du flou ou de l’innovation-washing et expliciter la vision sincère qui sous-tend un projet ? Comment trouver le porteur de projet qui va prendre soin de cette vision ? Comment réussir une transmission, sans nuire à l’âme d’un projet mais sans la figer pour autant ? Des expériences de “portage en relais” à Mulhouse ou d’autres menées en Loire-Atlantique fournissent quelques pistes.

Quelques ressources inspirantes : le “portage en relais” dans la lutte contre le jet de mégots à Mulhouse, passer à l’échelle sans normaliser en Loire-Atlantique

Il faut trouver le bon rythme et la bonne méthode… Il n’y a pas de réponse unique. En fonction des contextes, il existe de nombreuses façons de penser le développement d’un projet (par exemple l’essaimage vertical vs l’essaimage horizontal), ou encore de penser les étapes d’un développement, anticiper sur les versions successives (V0, V1, V2, etc). Les acteurs de l’innovation, notamment, ont tiré de leurs expériences de nombreux conseils et astuces. Utilisons-les !

Quelques ressources inspirantes : des conseils pratiques pour choisir la bonne façon d’essaimer, par l’ANSA, et par l’AVISE, également ici.

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Journée interpistes (1) : s’entraider pour booster les tests https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/06/22/journee-interpistes-1-sentraider-pour-booster-les-tests/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=journee-interpistes-1-sentraider-pour-booster-les-tests Wed, 22 Jun 2022 09:08:55 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=699

Lors de la journée “interpistes” qui a réuni toutes les participantes et participants au programme le 9 juin dernier au lieu de la transformation publique à Paris, nous avons organisé un temps de co-développement autour de trois difficultés concrètes rencontrées dans la préparation ou conduite des tests.

Comment assurer les conditions de sécurité pour le test ?

Ce n’est pas toujours évident de convaincre managers comme agents de la plus-value de participer à un test. Pourtant, par souci de représentativité et pour engendrer un mouvement collectif au sein de la collectivité, nos testeur.ses souhaitent souvent embarquer avec eux les moins convaincus ou les moins familiers de la culture de l’expérimentation. Mais comment dépasser le paradoxe temporel de l’espace-temps rapide et contraint du test, peu approprié à la diffusion d’une nouvelle culture dans l’organisation à moyen voire long terme ? Choisir les bons partenaires, c’est aussi une des conditions pour une expérimentation réussie, puis pour son essaimage auprès d’un public plus large.

Ce que l’on retient de ce temps de codev :

  • Les allié.es de nos allié.es seront aussi nos allié.es. Effectuer une expérimentation dans de bonnes conditions c’est aussi accepter de jouer avec celles et ceux qui en ont envie, afin de coïncider avec la temporalité du test.
  • Il est nécessaire de capitaliser sur les réussites afin de proposer un récit attractif du projet ou du dispositif, et de faciliter son essaimage. Dans le top 3 des meilleurs moyens de diffuser une expérimentation on retrouve en effet … le bouche à oreilles. Faire comprendre et convaincre cela passe aussi par des exemples concrets dans lesquels peuvent se projeter agents et managers.
  • Expérimenter ne veut pas dire s’abstenir d’un soutien institutionnel. Un moyen de sécuriser une expérimentation et de faciliter sa diffusion au sein de la collectivité est de lui assurer un portage institutionnel et de lui trouver un atterrissage dans un cadre commun, un des axes du projet d’administration par exemple (transversalité, solidarités territoriales, etc.).

Comment mobiliser les agents ?

Comment embarquer les agents, de toutes catégories, dans les tests ? Comment bâtir un cadre de sécurité pour engager, une perspective partagée pour expérimenter, mais aussi faire vocabulaire commun ? Donner envie, c’est aussi penser le protocole et les objectifs du test en fonction des personnes à embarquer. Bref, ce sujet correspond au passage au réel du test. Quelques enseignements de nos échanges :

  • Clarifier collectivement les objectifs du test, pour l’équipe qui pilote l’expérimentation et pour le(s) agent(s) qui participent à l’expérimentation. Ne pas hésiter également à être transparent sur le cadre de l’expérimentation : l’expérimentation est bornée dans le temps, on teste une idée, un dispositif, avant tout pour en tirer des enseignements et pour l’améliorer (quitte à l’abandonner si on s’aperçoit qu’il ne correspond pas), pas pour le pérenniser tel quel.
  • Poser un cadre sécurisant pour les agents qui s’impliquent : donner les conditions très pratiques de cette mobilisation, sensibiliser les managers pour que les agents aient par exemple du temps dédié (quitte à les libérer d’autres tâches), s’assurer du portage de l’expérimentation, qu’elle sera évaluée, qu’elle aura des suites et/ou s’inscrit un contexte plus large,
  • … Mais ne pas figer les choses : si c’est une bonne idée d’embarquer les managers et la DG, il faut aussi préserver la souplesse et l’agilité du test :  “moins c’est écrit, plus j’ai de souplesse”…
  • Impliquer les agents dans la conception du test par exemple en les embarquant et en les outillant pour une immersion qui permette de mieux comprendre leur contexte, leur métier, d’identifier leurs attentes réelles vis à vis du test, de faire vocabulaire commun. Cette enquête pourra même aboutir à une production collective, voire une “œuvre” participative, qui permettra de valoriser et partager le travail commun.
  • Organiser des temps conviviaux pour donner envie et créer de la confiance.
  • Poser les bons critères de succès du test, qui ne doivent pas être trop larges (Pour tirer quels enseignements ? Pour mobiliser quels types d’agents ? etc.) et organiser une évaluation collective du test.
  • Anticiper les risques de non mise en oeuvre, se réserver la possibilité de ne pas faire le test si les bonnes conditions ne sont pas réunies.

Comment assurer l’autonomie des équipes suite au test ?

Lorsqu’on pilote un test (tout comme lorsqu’on accompagne une équipe quand on est consultant.e interne en organisation par exemple) se pose inévitablement les questions : jusqu’où dois-je aller ? quand dois-je m’arrêter et comment terminer le test (ou l’accompagnement) ? Comment passer le relais et “responsabiliser” l’équipe testeuse sur la mise en oeuvre en autonomie ?

On retient plusieurs éléments de réponse et points d’attention :

  • l’importance de poser un cadre dès en amont avec la ou le manager, en lui laissant la possibilité de ne pas engager son équipe dans le test si ce cadre ne lui convient pas.
  • être très clair sur le moment où l’on se retirera et sur les suites possibles qui pourraient être envisagées (par exemple que les RH viennent en appui du service pour la mise en oeuvre du projet, ou que le service se fasse accompagner par un tiers – formateur, consultant externe …).
  • repérer et sensibiliser en amont les possibles allié.es/relais pour la suite, y compris au sein de l’équipe testeuse (pas forcément, la.le manager, mais une personne particulièrement motivée à qui l’on confierait un rôle plus impliquant dans le test).
  • pendant les tests, ne pas trop “chouchouter” les équipes, laisser la place à l’imprévu et à ce qui va se jouer entre les personnes, pour ne pas leur donner l’impression qu’elles ne pourraient pas faire seules (sans notre expertise et notre accompagnement).
  • favoriser une autonomisation progressive de l’équipe/des équipes testeuses, par exemple en espaçant les temps d’accompagnement, en changeant de posture dans les réunions (en passant progressivement de pilote à témoin extérieur), en constituant et animant, à l’issue du test, un groupe de pairs pendant une période déterminée (avec une date de fin !).

Enfin, on doit noter des enjeux et questionnements récurrents et se croisant entre les trois groupes de codév  :

  • La communication sur le projet : si les projets s’inspirent de concepts tels que l’holacratie, le vocabulaire utilisé doit être plus simple et accessible pour favoriser la compréhension et l’envie de participer.
  • Le manque de de collaboration avec les RH, alors que les projets touchent aux RH et au management, ce qui questionne la suite donnée à l’expérimentation !
  • L’importance de se donner un état d’esprit différent sur ces tests : s’accorder le droit d’essayer, de se planter et d’ajuster.
  • Se rappeler quelques fondamentaux de la conduite du changement :
    • Mobiliser les allié.es sur les projets, et ensuite cela infusera grâce à leurs retours (ambassadeurs)
    • Tout changement culturel / managérial prend 2/3 ans. Ne pas vouloir aller trop vite
    • Essayer de comprendre plutôt que de convaincre

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Portage d’initiatives spontanées : les tests se précisent ! https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/03/31/portage-dinitiatives-spontanees-les-tests-se-precisent/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=portage-dinitiatives-spontanees-les-tests-se-precisent Thu, 31 Mar 2022 08:05:09 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=670

Jeudi 24 mars, les collectivités de la piste « portage d’initiatives spontanées » se sont retrouvées pour partager leurs avancées sur leurs projets de tests et profiter du partage d’expériences entre pairs pour venir les bonifier, et se rassurer dans ce grand défrichage collectif.

Qu’est-ce qu’un test ? On repose les fondations

L’expérimentation ce n’est pas inné, cela s’apprend et surtout cela diffère du lancement de projet auquel les participant.e.s sont en général plus coutumiers. Alors pour aborder avec sérénité la phase de test qui se déroulera de mai à octobre, une petite séance de rappel sur la philosophie d’un test n’est pas de trop. Et pour cela, rien de tel que clarification méthodo de Romain Thévenet, designer, compagnon de route de La 27e Région … pour un test sans complexe !

 

  • Droit à l’erreur : L’essence d’un test, c’est principalement qu’il définit un cadre sécurisant dans lequel l’erreur et la possibilité de se tromper, faire fausse route ou échouer est la norme. Les enseignements d’un test seront tout aussi intéressants s’ils s’avèrent positifs ou négatifs.
  • Prototyper : Un test est un prototype, une première version rapide et suffisamment peu soignée pour qu’il y ait une marge de manœuvre et d’appropriation pour accueillir les diverses contributions auxquelles le test pourrait donner lieu.
  • Délimiter : Un test a une durée déterminée et une date de péremption, qui doit être clairement définie et exposée. Parfois un test peut donner lieu à des situations quelque peu inconfortables, mais si tout le monde a clairement à l’esprit que l’inconfort est provisoire, le cadre devient propice à ce bon déroulement. A l’inverse, ce n’est pas parce qu’un test est réussi qu’il ne faut pas l’arrêter. Il est important de dissocier le temps du test, et l’éventuel lancement de projet plus pérenne qui suivra les enseignements du test.
  • Évaluer : Et avant de donner une suite ou non à un test, il faut l’évaluer, et pourquoi pas faire des itérations (si une partie du test n’a pas marché par exemple, et peut être testé différemment.

 

Le codev entre pairs

Les collectivités participantes ont à plusieurs reprises exprimé l’intérêt pour elles de pouvoir échanger et s’inspirer ensemble. Chaque collectivité a commencé à esquisser un projet de test en fonction des besoins identifiés lors de la 2e session, complété par un point individuel avec le SAV 27e région. Pour continuer à préciser les tests, nous avons pris un temps en plénière, inspiré du co-développement ou “codev”, pour permettre à chaque collectivité de présenter et bonifier son test.  Ainsi, chaque collectivité s’est prêtée au jeu de présenter sa fiche test (ses objectifs, ce qui va être testé, les éléments de réussite et éventuellement le terrain identifié), puis venait un tour de clarifications et questions posées par les collectivités partenaires, et enfin en tour de bonification, où les collectivités pouvaient partager leurs commentaires, expériences ou suggestions pour bonifier l’idée de test en réponse à une demande de conseils d’une équipe-test.

Alors, où est-on ? Voici un état des lieux des projets de tests des différentes collectivités, avec deux grandes tendances qui semblent se dégager concernant les initiatives ou idées des agents : porter à connaissance l’existant, et accompagner voire appuyer le développement des idées.

Certain.e.s participant.e.s ont exprimé le besoin de repartir du terrain et mettre en lumière des initiatives et pratiques à l’œuvre dans leur collectivité :

  • Une enquête sur les pratiques quotidiennes des agents de propreté des lycées, afin de diffuser les bonnes pratiques sur le territoire (Région Centre Val de Loire).
  • Tester des modalités d’aller-vers (entretiens, immersion, observation …) pour détecter des idées des agents (Caluire et Cuire).
  • Former une équipe d’agents “vendangeurs” volontaires pour aller récolter sur le terrain les idées bien mûres de leurs collègues, et créer un nouveau récit pour diffuser ces idées (Département de la Gironde).

D’autres envisagent de préfigurer des incubateurs pour stimuler l’intrapreneuriat en interne :

  • Un coup de pouce aux initiatives de agents, en testant plusieurs modes opératoires d’appui à ces initiatives, en préfiguration d’un futur « lab » (Lyon).
  • Créer un temps de rencontre qui permettrait aux agents de proposer leurs idées, les booster et simuler un jury sélectionnant les idées à accompagner (Caluire et Cuire).

… et Nantes, qui nous suivait de loin depuis le lancement du programme raccroche les wagons sur cette piste avec Amandine qui nous a rejoint. Nous allons essayer de réfléchir à un possible test ou micro-test rapidement … affaire à suivre donc !

Exemple de fiche test de la ville de Lyon

On pose les prochains jalons pour une transition progressive dans la phase de test …

Le dernier temps de cette session a permis à chaque collectivité de poser les étapes clés de son test, avec éventuellement des dates indicatives et les durées des actions, mais aussi d’identifier les actions, modes de documentation, de communication ou d’évaluation auxquels elle devra recourir pour mener à bien son test.

Ces déroulés seront ajustés dans les jours et semaines à venir, mais ils concrétisent le lancement imminent des tests, dont le cadre et la méthodologie clairement définies en font un outil sécurisant pour les porteurs de projet de test. Vivement le lancement !

Exemple de déourlé de la ville de Lyon
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Donner un cadre aux initiatives par l’intrapreneuriat : cap sur des programmes inspirants ! https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/03/03/article-2-portage/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=article-2-portage Thu, 03 Mar 2022 11:36:39 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=495

La seconde session de travail sur le thème des initiatives spontanées visait à s’inspirer d’expériences existantes. Nous avions convié Sabine Romon, directrice de la mission innovation de la Ville de Paris, et Vincent Sindirian, chargé de l’évaluation du Département de l’Isère pour des retours d’expérience sur des opérations que nous avions déjà évoqué il y a quelques années lors d’un webinaire sur l’intrapreneuriat en collectivité. Dans une logique d’écoute active, chaque participant.e était invité.e à noter des questions de compréhension et des besoins de clarification sur les projets présentés, ce que ça lui inspirait de positif et d’intéressant, et les limites ressenties, notamment dans l’hypothèse de transfert à sa propre organisation.

Start Up de Ville, qui s’inspire à l’origine en partie d’une rencontre avec l’équipe de Start Up d’Etat, est un appel à projets lancé en 2017 et reconduit en 2018. Les projets attendus devaient répondre à un problème ou un “irritant” au moyen d’une solution numérique. L’opération s’adressait à tous les agent.e.s de la ville de Paris à travers un appel à candidature largement relayé -un défi lorsque l’on sait que sur 52000 agent.e.s, la moitié n’accèdent pas aux emails dans le cadre de leur travail. Une fois les candidatures reçues, une journée était organisée pour aider les agent.e.s à travailler sur un pitch et le présenter en fin de journée devant un jury d’élu.e.s, directeur.rice.s, personnes extérieures. Sur 20 candidatures reçues en 2018, 4 projets ont finalement été retenus (contre 2 retenus pour 17 candidatures en 2017).

Les agent.e.s retenu.e.s étaient alors invité.e.s à quitter leur direction pendant 6 mois pour développer leur projet : d’abord un mois pour réfléchir, approfondir le projet et conduire un travail de veille, puis, si validation, travailler 5 mois en binôme avec un développeur informatique. Un dernier go/no go permet de décider si le projet est repris en interne ou abandonné. Le choix a été fait de retenir peu de projets, mais à fort impact, tous impliquant une mobilisation importante du Codir, des directions et adjoint.e.s concernés par le projet : par exemple un système de réservation de salles municipales destiné aux associations, ou encore un outil permettant de trouver plus facilement des aides à domicile pour des personnes dépendantes. Certains des projets ont nécessité un an et demi de développement. Le soutien des élus (Jean-Louis Missika, Emmanuel Grégoire) et du secrétariat général a été décisif.

Sabine est revenue plus en détail sur les questions de budgets (300 K€ pour la 2e édition, avec sous-traitance aux développeurs de NUMA) et d’investissement humain non négligeable, sur la façon dont il a fallu faire évoluer la place de la direction informatique et le recours et du soutien externe, ou encore sur la trajectoire professionnelle des agent.e.s ayant porté des projets, la réaction des services qui doivent se séparer d’agent.e.s pendant 6 mois, etc.

Également présenté par Sabine Romon, le programme “Inventeurs de ville” lancé en 2017 visait à ouvrir les projets au-delà des services numériques pour traiter les problèmes de troubles musculo-squelettiques (TMS) dans les services de la Ville. Les projets retenus étaient très opérationnels, et touchaient notamment à l’amélioration des conditions de travail du personnel de crèches ou dans les espaces verts -par exemple un outil inventé par les jardiniers pour faciliter le démontage de bancs publics. Certains projets ont donné lieu à des inventions de nouveaux outils et du prototypage, mais certaines idées ont pu être concrétisés par simple concertation avec le service achat, par exemple pour acheter des outils plus adaptés. 

Plus récemment, la Ville de Paris a lancé les Trophées de l’innovation, venant recompenser des initiatives ayant déjà eu lieu, et visant à faire remonter des projets existants sur le terrain, ainsi que “les trophées de la propreté”, lancé par la Direction de la propreté et de l’eau et avec à la clé des projets plus frugaux -par exemple un petit râteau pour décoller les autocollants de potelets).

Lancé en 2017 par le Département de l’Isère, “Construisons !” se présente comme une démarche participative et d’intrapreneuriat destiné aux agent.e.s du Département (plusieurs années une démarche comparable appelée “Managez vos idées”, lancée en 2011). Tout.e agent.e de la collectivité était appelé.e à partager une bonne pratique réalisée ou simplement expérimentée au sein de sa direction, proposer une idée d’amélioration sur des projets ou pratiques de la collectivité, dans la perspective de la concrétiser et de la diffuser, voir simplement communiquer sur un problème identifié qui demanderait une recherche de solution effectuée par et pour le collectif.

L’évaluation menée par Vincent Sindirian a permis de montrer les vertus de la démarche Construisons : elle a offert un espace de liberté et d’initiatives à une bonne diversité d’agent.e.s A, mais aussi B et C. Au total, 57 idées ont été recueillies, dont 46 sont devenues des “pilotes”, et 6 ont finalement été mises en œuvre. Parmi ces dernières : un dispositif de formations entre collègues sur des passions personnelles, un outil de réservation de salles dans les collèges hors temps scolaire, et un autre pour mettre à disposition les bureaux libres pour les agent.e.s de passage.

Mais elle a également montré les limites, en particulier en matière d’égalité de traitement (par exemple certains projets étaient favorisés juste parce qu’ils répondaient en premier et certains agent.e.s ont pu bénéficier d’un accompagnement plus poussé) et de transparence (par exemple un dispositif présenté comme un guichet permanent, alors qu’en réalité il suivait bien des étapes précises). L’une des raisons de ces difficultés repose sur la faiblesse des moyens mobilisés pour animer Construisons (10% d’un ETP, qui était en réalité obligée d’y consacrer la moitié de son temps). 

Parmi les choses à retenir

Il faut d’abord se poser les bonnes questions. Les présentations l’ont bien montré : les programmes d’intrapreneuriat sont exigeants en budgets et nécessitent un portage fort, et une importante mobilisation de ressources humaines. A leur terme, ils permettent tout au plus à quelques projets seulement d’aboutir -même dans une collectivité de la taille de la Ville de Paris. Pour éviter que “la montagne accouche d’une souris”, mieux vaut donc éviter de voir ces programmes comme des objectifs en soi, mais bien d’interroger en profondeur les objectifs attendus et partir de vrais problèmes, sous peine de générer beaucoup de découragement. En plus de se doter d’une stratégie claire, Sabine Romon suggère d’éviter d’ouvrir la boîte de pandore de la “boîte à idées”, et de mieux anticiper sur les projets à venir pour mieux se préparer en conséquence.

Il faudrait davantage penser ces démarches sur le moyen et long terme. Aucun des programmes présentés n’a duré plus de deux éditions, après quoi ils ont été soit interrompus, soit transformés, thématisés ou repositionnés. Comment faire pour s’inscrire à plus long terme, tout en restant assez souple pour évoluer au gré des priorités ? Comment éviter le risque de discontinuité, tout en restant flexible ? Comment éviter de monter des dispositifs trop ambitieux, trop complexes mais souvent sous-staffés, et tendre vers plus d’humilité et de frugalité ? (comme la Ville de Paris, qui dorénavant envisage de mettre un dispositif plus léger). Comment mieux documenter, capitaliser et évaluer, pour ne pas risquer de repartir à zéro avec les changements d’équipes et les turnovers ?

Il faut d’abord veiller à prendre soin des agent.e.s. Si l’intrapreneuriat se présente comme une façon de donner du pouvoir d’agir aux agent.e.s, il n’en est pas moins une forme de compétition, et sa mise en œuvre pratique exige de se poser des questions éthiques : Que faire avec la majorité des personnes qui ne sont pas choisies ? Avec la majorité encore plus grande qui ne répond pas à ce type de proposition ? Avec celles qui ne savent pas “porter un projet”, ou même prendre des initiatives ? Avec celles qui sont d’abord pré-sélectionnés mais dont le projet sera refusé plus tard ? Comment s’assurer que l’absence d’un.e agent.e lauréat de son service ne nuise à ses collègues ? Que ses collègues ne lui reprochent pas son absence ? Que des projets proposés ne relèvent pas du “droit commun”, mais soient bien des projets qui n’auraient pu naître sans le programme ? Comment assurer la même égalité de traitement à tous les agent.e.s candidat.e.s ? Comment être transparent sur les modalités de sélection ?

Quelles suites pour les participant.e.s ?

Pour l’instant, les équipes de la Ville de Caluire envisagent de tester concrètement à quoi pourrait ressembler une fonction d’accompagnement à un projet concret proposé par des agent.e.s, en tenant compte des riches enseignements des expériences de Paris et de l’Isère. En Gironde, l’équipe se montre attentive à l’idée qu’il existe peut-être en interne déjà de nombreuses innovations dont les agent.e.s seraient à l’initiative, mais qu’elles ne sont pas forcément visibles de l’extérieur ; il conviendrait donc de tester un dispositif permettant d’enquêter collectivement sur ces initiatives discrètes et de les documenter, pour les rendre visible et les valoriser -des “vendangeurs” en quelque sorte, pour débusquer de belles grappes de raisin sous les feuilles des vignes bordelaises ! Une hypothèse partagée avec les équipes de la ville de Lyon, qui aimerait que l’appui aux initiatives internes puisse s’articuler avec le plan d’administration en cours de mise en oeuvre, et puisse s’appuyer sur le projet de laboratoire d’innovation. Des projets d’expérimentation qui évoluent et devraient se préciser progressivement !

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Comment donner un cadre aux initiatives spontanées ? https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/03/02/comment-donner-un-cadre-aux-initiatives-spontanees/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=comment-donner-un-cadre-aux-initiatives-spontanees Wed, 02 Mar 2022 11:07:09 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=490

Comme l’a montré en 2020 notre enquête Réflexes Publics, la pandémie et les confinements successifs ont incité un certain nombre d’agent.e.s à prendre des initiatives spontanées pour faire face à des situations inédites, par exemple la fermeture d’un service ou à l’impossibilité de venir travailler dans l’administration. Se retrouvant soudainement dans l’impossibilité de faire leur métier, certaines personnes se sont spontanément proposées pour épauler un service voisin, ou bien donner un coup de main à des associations dans les quartiers, sans forcément attendre qu’on leur demande.

Dès lors, de nombreuses questions ont commencé à se poser : Comment, une fois revenu.e.s dans des conditions à peu près normales, éviter que ces initiatives ne s’estompent ? Comment créer un cadre collectif et durable qui encourage ce type de pratique, tout en évitant d’adopter une démarche trop procédurière et donc décourageante ? Comment sensibiliser les encadrant.e.s les plus méfiant.e.s à l’égard de la prise d’initiative, s’assurer qu’elles puissent être prises sans perturber le fonctionnement du service, sans mettre en danger l’agent.e à l’initiative, ni mal gérer le retour à son poste ?

Le 26 janvier dernier, toutes ces questions ont constitué le point de départ de notre première session portant sur la piste “Portage d’initiatives spontanées”, du programme Capacités Publiques. Une dizaine d’agent.e.s de quatre collectivités (Caluire et Cuire, Lyon, le Département de la Gironde et la Région Centre val de Loire) se sont retrouvé.e.s pour y travailler ensemble, et envisager les premières pistes à tester dans leurs organisations.

Le premier constat issu de nos échanges, c’est que les anecdotes rapportées pour illustrer la prise d’initiatives au sein des collectivités sont d’une grande diversité : ici, des agent.e.s volontaires pour effectuer des missions d’urgence, faire du portage à domicile, appeler des personnes isolées, rejoindre une réserve citoyenne ; là, des agent.e.s devenu.e.s bricoleur.euse.s et qui fabriquent des masques, voire même des distributeurs sans contact de gel hydro-alcoolique ; ici encore, des activités passées du présentiel à la visio (un moniteur sportif devenu coach à distance, des cafés, chorales, séances de méditation en visio), et d’autres avancées numériques (création de boucles Whatsapp, de FAQ, utilisation du Padlet dans les crèches), etc. Aucune de ces pratiques ne semblent majoritaires, mais l’on pressent que beaucoup d’initiatives ne sont pas forcément visibles et qu’il conviendrait de les collecter plus en détail et en profondeur.

Second constat : Pour l’avenir, toutes les collectivités participantes affichent des ambitions élevées pour développer la prise d’initiative et le pouvoir d’agir des agent.e.s après la pandémie. Les mots utilisés en témoignent : il est question de cultiver et libérer leur réactivité, adaptabilité, polyvalence, engagement, prise d’initiative, inventivité, talents, droit à l’erreur, entraide, responsabilité, qualité de vie au travail, et ce de façon inclusive et inclusive, reliée et territorialisée, résiliente, innovante, ascendante…

Le troisième constat, c’est que devant toutes ces ambitions, de nombreux obstacles semblent préexister, comme en témoignent les participant.e.s : des managers qui étouffent les prises d’initiative et peinent à accepter que ça puisse faire partie du temps de travail ; des agent.e.s qui ne sont pas tous enclins à prendre des initiatives pour aider les autres, qui d’ailleurs ne sont pas plus nombreux à oser demander de l’aide ; des travailleurs sociaux qui rechignent à accepter le soutien d’agent.e.s non formé.e.s au travail social ; un déficit de coopération entre les agent.e.s de services différents ; un soutien souvent aléatoire du politique et même du top management, etc.

Devant tous ces signaux, les participant.e.s se sont accordés pour dire qu’un risque devait être évité: celui de décider trop vite d’une stratégie voire d’un dispositif (challenge des initiatives, incubateur d’initiatives, budget participatif pour les agent.e.s, intrapreneuriat, réserve citoyenne, appel à idées ou à volontariat…) au risque de partir d’une analyse tronquée des problèmes. Bref, attention à ne pas mettre la charrue avant les bœufs !

Finalement les participant.e.s se sont accordés sur plusieurs principes pour la suite :

  • Côté agent.e.s, il faut d’abord s’entendre sur ce qu’on appelle “initiative” ; par exemple, il faut peut-être s’entendre sur une “graduation” qui pourrait aller de “oser quitter momentanément son poste pour épauler un service voisin”, jusqu’à “inventer un procédé ou un service qui peut faciliter la vie des collègues et/ou des publics” ;
  • Comme pour la pyramide de Maslow, avant que les agent.e.s osent porter des idées ou des projets nouveaux, il faut peut-être qu’ils soient en mesure de faire des choses plus simples : conduire un projet, oser dire qu’ils/elles ont besoin d’aide, oser sortir de leur zone de confort, travailler avec d’autres services, etc ;
  • Du côté des encadrant.e.s mais aussi du politique, aucune prise d’initiative ne peut aboutir avec succès du début à la fin s’ils ne sont pas les premiers à en faire un principe fondateur, à créer un cadre sécurisant pour que les agent.e.s puissent le faire, à lutter activement contre les comportements qui nuisent à ce nouvel état d’esprit, etc ;
  • Des débuts de pistes ont été évoquées pour stimuler la prise d’initiatives : par exemple sur un registre narratif, jouer sur les valeurs de la fonction publique pour montrer que prendre des initiatives nouvelles, c’est aussi prouver son engagement pour le service public ; Nous sommes tombés d’accord pour dire qu’il fallait repérer, étudier et donner une visibilité aux initiatives déjà existantes mais sous le radar, avant d’imaginer en susciter des nouvelles ; Ou encore, nous avons identifié la question de la “documentation” des initiatives comme un sujet important, qui permet de mieux capitaliser sur les initiatives, en particulier en cas de turn-over des équipes.

La session s’est terminée sur un travail d’identification des expériences que pourraient mener les participant.e.s par la suite. Lors d’une prochaine session, des porteurs de démarches originales seront conviés pour inspirer de nouvelles idées. A suivre !

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