Management de la subsidiarité https://capacitespubliques.la27eregion.fr Wed, 15 Jan 2025 15:40:01 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.4.8 Capacités Publiques *All Stars* : les retrouvailles https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2025/01/15/capacites-publiques-all-stars-les-retrouvailles/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=capacites-publiques-all-stars-les-retrouvailles Wed, 15 Jan 2025 11:42:04 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=822 Comment vivent les programmes ? A la manière des jouets des histoires de Noël, quand nous refermons la porte derrière nous, se passe-t-il de drôles de choses dans leur sillage ? Comme pour tout exercice relevant de l’innovation publique, une fois le temps du projet passé et le collectif dispersé, difficile de continuer à documenter en finesse. Parfois c’est aussi plus confortable : l’expérimentation aura-t-elle trouvé une suite ? Nos partenaires auront-ils pris la barre pour transformer l’organisation, forts de nouvelles pratiques ? Ou auront-ils juste calé une étagère avec le livrable ? Sommes-nous prêts à le savoir pour en tirer les conséquences ?

Nous avons décidé de rouvrir la porte et de tester une nouvelle manière (plus collective que ce que nous avions pu faire dans des programmes plus anciens) de suivre nos impacts, de mieux les documenter et (on l’espère !) de progresser dans nos futurs programmes. Nous avons donc rassemblé le groupe d’expérimentatrices de Capacités Publiques qui avaient pris part au test « Management de la subsidiarité » (mettre les liens). Elles ont joué le jeu de se raconter l’après et d’enrichir nos enseignements.  Sur quoi nous étions-nous quitté ? Qu’en ont-elles retenu sur le fond comme sur la méthode ? Devrions-nous aller collectivement plus loin et comment ? On le découvre par le menu ci-dessous.

 

Flash-back

A Cergy-Pontoise, Capacités publiques avait permis d’expérimenter avec le service gestion administrative et statutaire de la direction des ressources humaines un processus de formalisation des « champs de subsidiarité » prenant la forme de trois courts ateliers collectifs pour définir et engager le test de nouvelles pratiques entre les agent.e.s gestionnaires, la responsable de service, la directrice et la DGA. Ces pratiques concernaient notamment la rédaction et la signature de courriers, d’attestations et de certificats professionnels. Les principaux objectifs recherchés par l’équipe testeuse et les manager.euse.s étaient de réduire les allers-retours chronophages et d’optimiser et de simplifier les process administratifs.

A l’issue du programme, capitalisant sur les premiers effets bénéfiques, l’expérimentation, inscrite dans le cadre du projet d’administration territorial et présentée en codir et codir élargi, a été proposée à l’échelle d’autres directions. Une 2e itération a ainsi eu lieu avec le service patrimoine et végétal arboré de la DGA écologie cadre de vie, puis une 3e avec la direction du développement économique. Au-delà du bénéfice reconnu par tous de créer un espace de dialogue rassemblant les équipes, chaque nouvelle itération a apporté des enseignements nouveaux : au service patrimoine et végétal arboré, par exemple, les agents ont ainsi pris conscience de la responsabilité de chacun.e pour une meilleure gestion de l’eau. Au sein de la direction du développement économique, composé de chef.fe.s de projets déjà très autonomes, c’est le besoin d’une clarification du positionnement des élu.e.s et la question du travail transversal avec les autres directions qui ont surtout émergé.

A Lyon, l’expérimentation a consisté à co-produire et tester des modalités de form’action autour d’un nouveau mode de management visant à accroître l’autonomie des encadrant.e.s en cohérence avec leurs responsabilités. Deux terrains d’expérimentation avaient été choisis, pour favoriser une lecture croisée et partir de situations vécues par les manager.euse.s : le groupe de direction générale et une équipe territoriale de la direction de l’éducation. Quatre modules « faits maison » ont finalement pu être testés au 1er semestre 2023 : une séance de « fast co-développement » entre manager.euse.s autour d’une situation de prise de risque ; un pecha-kucha pour créer une culture commune du management au sein de la collectivité ; une session de théâtre-forum pour « développer la culture du risque » ; la conception en mode « sprint » et le test d’un jeu collaboratif pour « prendre de vraies décisions ».

Un bilan a été fait à l’issue de chaque test pour vérifier la pertinence du format et voir comment l’adapter le cas échéant. La démarche sur la subsidiarité s’est poursuivie à la direction de l’éducation, puisqu’elle a été élargie aux deux autres territoires. Elle a aussi eu un effet pédagogique et de mise à l’agenda de la direction générale, et si la mission conseil accompagnement transformation est peu sollicitée à cet endroit, le concept a été repris (et bénéficie d’une compréhension partagée) dans certaines discussions depuis. Les expérimentations ont également eu des suites spontanées et pas toujours recherchées, qui témoignent plus d’une appropriation des outils/formats que du sujet de la subsidiarité : le théâtre forum sur la culture du risque a été reproduit ailleurs, des sessions du jeu « délégation poker » ont été intégrées à la saison managériale et le format du pecha kucha est désormais régulièrement utilisé dans des réunions.

Enfin, si l’approche d’ingénierie de formation inversée et expérimentale n’a pas (encore ?) infusé dans le système de formation de la Ville, elle a inspiré l’esprit et les formats de la saison managériale (« apprendre en faisant », à partir d’irritants/vécu des directions et à travers des ateliers pratiques, des mises en situation et le test d’outils).

A Grenoble (Ville et Métropole), l’objectif de l’expérimentation était de faire découvrir et tester une méthode de gouvernance partagée, l’holacratie, à des équipes pour clarifier qui fait quoi, valoriser le travail réel et encourager la prise d’initiative et la créativité des agent.e.s dans un cadre sécurisé, où tout est “explicite”. Le storyboard d’un parcours d’initiation, partant d’un diagnostic des besoins de chaque équipe, avec des étapes à franchir et des choix d’options possibles (« cartographie des rôles » ou « réunion de triage »), avait été conçu. Les échanges avec les services approchés pour les tests avaient toutefois révélé que leurs besoins ne correspondaient pas au parcours imaginé, et qu’un accompagnement « sur-mesure » devait être envisagé.

Depuis, la Métropole a passé un accord-cadre avec un organisme de coaching et formation en holacratie, une soixantaine de personnes ont déjà été formées (des manager.euse.s qui souhaitent adopter cette méthode avec leur équipe et des scribes et facilitateur.rice.s au sein des équipes) et quatre conférences de sensibilisation ont été organisées. Au total 130 personnes travaillent aujourd’hui dans une équipe qui fonctionne en holacratie (six services et deux directions). L’émulation collective est réelle, la tache est conséquente pour la chargée de mission qui pilote la démarche et accompagne les premiers pas des équipes en holacratie… Une évaluation conduite en interne est programmée pour les prochains mois, pour mieux comprendre ce que cette transformation a généré dans les équipes expérimentatrices : affaire à suivre donc pour savoir si l’objectif, notamment de clarification des niveaux de délégation, est atteint.

La Ville de Caluire-et-Cuire n’avait pas participé au groupe « Management de la subsidiarité » dans le cadre de Capacités publiques, mais avait partagé son expérience inspirante du sujet (la subsidiarité est inscrite dans le projet d’administration depuis 2021, avec un portage très fort de la Direction générale) auprès des autres collectivités. Après avoir fait travailler les cadres, puis l’ensemble des équipes en 2022 pour qu’elles s’approprient le concept, l’arrivée d’une nouvelle directrice générale a ouvert une période de « droit d’inventaire » et d’évaluation globale du projet d’administration. La décision a été prise d’aller plus loin sur la subsidiarité à travers un pilotage moins centralisé et une diffusion plus forte dans les services.

 

Obstacles et chemins de traverse pour déployer une démarche d’innovation dans le temps

A Cergy-Pontoise, une question se pose aujourd’hui : comment pérenniser une telle démarche d’innovation managériale ? Le déploiement initialement envisagé s’appuyait sur un pool de facilitateurs.rice.s du service emploi-formation. A terme, l’attention est portée sur la mémoire de la démarche et la transmission de la méthode expérimentée qui repose sur des ressources très sollicitées en parallèle, dans un contexte d’enjeux de recrutement et RH élevés.

A Lyon, la diffusion et l’appropriation de la démarche ont été favorisées par l’implication de la direction générale et de l’écosystème interne de la transformation publique (« effet réseau » d’accélération), mais aussi par les fonctions des deux pilotes de l’expérimentation (consultante interne en organisation pour l’une, responsable de la Mission management pour l’autre) et leur participation à des groupes de travail transversaux.

A Caluire, sans engager de nouveaux programmes, la subsidiarité perdure dans l’offre de formation et à travers quelques actions visant à alléger et simplifier des processus et circuits de validation.

 

L’épineuse question de l’évaluation

A Cergy-Pontoise, chaque test devait faire l’objet d’une évaluation à six puis à huit mois, qui n’a été menée que partiellement, car rendue difficile du fait des mobilités. L’évolution des équipes a obéré le suivi de l’évaluation finale. L’évaluation de l’ensemble de la démarche par un cabinet extérieur a également été envisagée, mais les financements manquent pour l’instant. La Métropole de Grenoble partage la même difficulté : le souhait d’évaluer ses expérimentations et les effets produit par la diffusion de l’holacratie sur les équipes et l’administration se heurte à des freins budgétaires. De son côté, la Ville pourrait accueillir prochainement une thèse cifre sur le sujet. A Caluire, la méthodologie d’évaluation de la démarche est restée assez simple (rapport d’étonnement des nouveaux venus, analyse de la production des services …). Les outils de communication, de planification développés à la demande des équipes pour travailler en subsidiarité sont également des indicateurs de changement à mieux prendre en compte.

Outre la question des moyens financiers et humains, celle du rapport au temps est centrale : transformer les administrations, leur organisation et leur culture de travail prend du temps, et reste difficile à objectiver à un instant T. Alors, comment répondre à la demande d’un.e élu.e de mesurer l’impact d’un projet d’administration ? Comment montrer qu’on sert à quelque chose ? Les focus groupes et baromètres restent insuffisants et prennent peu en compte le temps nécessaire à la transformation. Et si évaluation il y a, que (et comment) doit-elle montrer : qu’on travaille différemment ? Qu’il y a plus de coopération ? Comment produire nos propres indicateurs, qui ne se réduiraient pas aux critères de performance standardisés qui alimentent le fonctionnaire bashing ? Quels seraient les indicateurs alternatifs de la transfo ? (pour la subsidiarité, la confiance dans son N+1 par exemple …)

Comment évaluer des expériences à petite échelle, difficiles à généraliser et dont les retours sont très liés à la subjectivité des agents qu’on interroge ? A l’inverse, pour les démarches globales et lourdes comme un projet d’administration, ne faudrait-il pas privilégier des évaluations sur des points précis, significatifs même s’ils sont d’ampleurs diverses (des « carottages ») ?

La Métropole de Grenoble partage quelques bonnes pratiques en matière d’évaluation : la comparaison avant/après des indicateurs choisis par les équipes accompagnées (correspondant à leurs espoirs très concrets en adoptant ce nouveau mode d’organisation, par exemple passer moins de temps en réunion ou mieux gérer les absences). La réalisation d’un arbre des objectifs permet également de donner à voir les impacts immédiats et parfois inattendus d’une action (par exemple, ici, la plus grande facilité à recruter de nouvelles personnes pour les équipes concernées).

Une bonne manière de rappeler que la subsidiarité, comme toutes les transformations organisationnelles et managériales, n’est pas une fin en soi, mais une réponse à des besoins et objectifs initiaux et variables. Et de ne pas faire des directions/missions qui en ont la charge les variables d’ajustement en cas de disette budgétaire …

 

Et nous, qu’avons-nous appris ?

Côté 27e Région, on en tire quelques enseignements et envies pour mieux suivre les effets produits par nos programmes une fois qu’ils sont finis :

  • Continuer à jouer collectif même après la fin du programme, en proposant des temps de partage comme celui-ci, qui donnent du poids et de la réassurance aux équipes (qui se retrouvent parfois trop seules pour porter une démarche d’innovation dans la durée)
  • Muscler et diversifier la manière dont on documente avec les équipes pour aider à faire vivre ces démarches et en garder la mémoire (produire des outils / des formats qui « restent »)
  • Participer à une évaluation « carottage » en mobilisant plusieurs collectivités pour le faire de manière croisée
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Capacités publiques : le livrable ! https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2023/03/17/capacites-publiques-le-livrable/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=capacites-publiques-le-livrable Fri, 17 Mar 2023 13:59:35 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=814 Un programme né de l’observation des transformations publiques au début de la crise Covid

En 2020, La 27e Région, les agences Vraiment Vraiment et Partie Prenante et un groupe de collectivités territoriales partenaires, avec  l’appui de la Délégation Interministérielle de la Transformation Publique (DITP), ont mené une enquête collaborative sur les transformations publiques par temps de crise, Réflexes Publics. En effet, la crise sanitaire a produit une mise en tension des administrations publiques, confrontées à la nécessité d’assurer la continuité des services publics dans un contexte inédit, comme elle a constitué un “formidable” accélérateur d’innovations organisationnelles.

Les constats révélés par cette enquête ont permis de tirer des grandes orientations et des pistes prospectives prenant leur source dans ces innovations spontanées. Ces pistes sont autant de leviers d’action pour que la transformation publique puisse utilement révéler et renforcer la capacité des personnes, des organisations et des territoires à réagir, rebondir, réduire l’impact des crises, mais aussi pour pérenniser ces innovations quand elles ont permis d’améliorer les conditions de travail et la qualité du service public, dans une logique directement inspirée de l’innovation ouverte.

Portage d’initiatives spontanées, micro-mobilité professionnelle, management de la subsidiarité : penser et tester de nouvelles formes d’organisation et de travail

Durant toute l’année 2022, le programme Capacités publiques s’est attaché à traduire trois de ces pistes prospectives en une série d’expériences concrètes au sein d’administrations volontaires (10 collectivités territoriales, un CCAS et une Carsat, en partenariat avec le réseau ANACT-ARACT*) : le portage d’initiatives spontanées, la micro-mobilité professionnelle et le management de la subsidiarité. Pour chaque piste, le programme a alterné des sessions collectives permettant le croisement et le partage pair à pair et entre administrations, et la montée en compétence sur ces nouveaux modes d’organisation d’une part, et des temps d’appui « individualisé » pour construire et mener une série de tests, adaptés à chaque organisation.

Parmi les idées développées et testées : un incubateur à idées d’agent.e.s, un dispositif de micro-mobilité inter-institutionnelle, un parcours d’initiation à la gouvernance partagée ou encore un processus pour co-définir et adopter des pratiques de travail plus en autonomie au sein d’une équipe.

Le partage d’expériences et les tests conduits (ou abandonnés !) dans le cadre du programme ont permis de tirer des enseignements utiles pour mener les transformations organisationnelles et managériales nécessaires à une administration publique plus résiliente : de l’importance de donner un sens clair à l’action (le « Pourquoi ? » avant le « Comment ? ») et de l’incarner dans le quotidien (et pas seulement dans le cadre d’une expérimentation ou d’une démarche innovante) à la nécessité de privilégier la sobriété et la simplicité des formes, des dispositifs, des outils (et d’en finir avec l’inflation et l’empilement des projets managériaux, appels à idées et chartes en tout genre), en passant par l’intérêt de renouveler les approches classiques des ressources humaines (et notamment de dépasser le seul prisme des standards de compétences).

Les prémices d’une nouvelle ère de la gestion et du management publics ?

Si Capacités publiques est née de l’observation de nouvelles pratiques et modes d’organisation au début de la crise Covid, et des questionnements que ces innovations ont fait surgir, force est de constater que les notions de crise et de résilience des administrations sont progressivement passées à l’arrière-plan au fur et à mesure de l’avancement du programme. Les réflexions et les tests conduits ont finalement pris place dans un cadre « de droit commun », bien antérieur à la crise sanitaire, celui des projets d’administration, des référentiels managériaux ou de la gestion prévisionnelle des emplois et compétences. Les pistes explorées correspondent en effet à des tendances de fond, même si elles sont encore fragiles, d’une transformation managériale et culturelle des collectivités, visant à développer l’agilité, renforcer l’autonomie et la prise d’initiative, favoriser l’expérimentation, redistribuer autrement le pouvoir d’action au profit de l’intelligence collective, redéfinir le rôle du manager…  Pour la plupart des participant.e.s au programme, ce mouvement était déjà engagé avant 2020, la crise Covid ayant parfois simplement contribué à son accélération.

Pourtant, au fil des mois, de nouveaux signaux sont apparus, donnant une autre résonance à nos travaux. Perte de sens, crise du recrutement (qui touche maintenant presque tous les métiers au sein des collectivités), sobriété de l’action, bifurcation ou renoncements … autant de mots/maux qui dessinent un nouveau régime, une nouvelle ère de la gestion publique et ouvrent la voie à de nouveaux chantiers pour bâtir les capacités publiques de demain. Autant d’enjeux face auxquels les nouveaux modes d’organisation et de management explorés dans Capacités publiques, ainsi que les méthodes d’apprentissage collectif et d’essai-erreur proposées dans le programme, peuvent apporter des premières réponses. Mais qui  appellent également à porter une attention accrue face aux risques de faire de ces transformations organisationnelles un simple expédient au manque désormais structurel de moyens (matériels, humains, financiers, de temps …) …

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Le livrable de Capacités publiques est à lire ici en ligne ou à télécharger là (version imprimable).

Vous y trouverez les éléments de diagnostic et d’inspirations partagés par les agent.e.s participant.e.s autour de chacune des trois pistes, le détails des tests imaginés et conduits (ou pas pour certains), mais aussi des conseils pratiques pour mener des expériences similaires au sein d’autres organisations.

*Organisations ayant participé au programme : Communauté urbaine de Dunkerque, Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, Nantes Métropole, lab La Piste (Département de l’Isère, CCAS, Ville et Métro de Grenoble), CARSAT Centre Ouest, Ville de Caluire-et-Cuire, Ville de Lyon, Département de la Gironde et la Région Centre Val de Loire, Réseau ANACT-ARACT. Merci à elles !

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Management de la subsidiarité : plongée dans les tests https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/07/18/management-de-la-subsidiarite-plongee-dans-les-tests/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=management-de-la-subsidiarite-plongee-dans-les-tests Mon, 18 Jul 2022 10:15:58 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=763 Depuis avril, chaque participant.e au groupe « Management de la subsidiarité » s’est concentré sur le passage de l’idée au test « grandeur nature » : finir de préciser le périmètre et les étapes du test, identifier et mobiliser les équipes testeuses, définir les critères d’évaluation du test, autant de tâches qui nécessitent rigueur (organiser un test c’est un vrai travail!) et souplesse (il faut savoir s’adapter aux changements de contexte, aux contraintes et attentes des collègues testeurs, mais aussi saisir les opportunités : l’arrivée d’un nouveau chef de service ultra-motivé ou un événement interne autour du management). Petit aperçu des tests à mi parcours :

A Nantes et Cergy-Pontoise : co-définir et adopter des pratiques de travail plus en autonomie au sein d’une équipe

Comment une équipe peut-elle définir et clarifier collectivement les périmètres de responsabilité en son sein pour donner plus de pouvoir d’agir aux agents et valoriser leurs compétences ? Comment les managers peuvent-ils accompagner les agents dans l’exercice de leur autonomie ? C’est pour répondre à cette problématique que Nantes a choisi d’expérimenter au sein d’un accueil petite enfance (80 enfants, 35 agent.es réparti.es en 4 équipes) un processus de réflexion collective (ateliers) débouchant sur la mise en test, entre juin et octobre, de nouvelles pratiques professionnelles pour administrer des médicaments aux enfants ou répondre aux familles sur leur demande d’adaptation des horaires d’accueil.
Au coeur de ce test : le souhait de renforcer l’autonomie des auxiliaires de puériculture, éducatrices jeunes enfants et agents de crèche (tout en sécurisant cette prise d’autonomie), pour alléger les processus, nourrir l’engagement des agents et soulager les managers d’un excès de tâches qui ne devraient pas relever de leurs responsabilités dans un fonctionnement en subsidiarité. Pour les accompagnatrices du test, cette expérimentation, si elle est réussie, pourrait être étendue à d’autres équipements petite enfance ou médico-sociaux de la Ville de Nantes.

A Cergy-Pontoise, c’est au sein d’une équipe avec des problématiques tout autres, celle du service Gestion administrative et statutaire de la Direction des ressources humaines, qu’il a été décidé de tester un processus de formalisation des champs de subsidiarité comprenant plusieurs ateliers collectifs (managers, agents-managers, mixtes) et le test de nouvelles pratiques (« un pas de plus vers la subsidiarité ») entre les agents gestionnaires, la responsable de service, la directrice et la DGA, par exemple en terme de rédaction et signature de courriers, attestations et certificats professionnels (avec, en passant, une complexité propre au service : il faut parfois passer par un arrêté de délégation de signature pour permettre ces nouvelles pratiques). L’expérimentation devrait déboucher sur la co-production d’un guide à destination d’autres équipes.

A la Carsat Centre Ouest : concevoir une charte managériale « en subsidiarité”
La Carsat Centre ouest s’est saisie d’une opportunité, celle d’un projet de charte managériale autour de la bienveillance et de la santé/sécurité au travail inscrit dans le récent projet d’entreprise, pour expérimenter concrètement la subsidiarité dans une organisation à la culture hiérarchique forte. Et si les premiers concernés (les managers) produisaient eux-mêmes cette charte, plutôt que la direction générale ?
Il s’agit donc de tester la co-conception de cette charte par un groupe de managers volontaires, sur un mode expérimental et itératif (les managers « testeurs » définiront et s’engageront sur un ensemble d’actions et pratiques quotidiennes, facile à mettre en œuvre, à tester auprès de leur équipe en septembre pour nourrir l’élaboration de la « charte ). Le but : une charte vraiment utile, dans le fond et la forme, que les autres managers puissent s’approprier car elle a été conçue par leurs pairs, et un collectif managérial reconnu, notamment par le Comité de direction, et mis en capacité d’agir plus en autonomie.

A Dunkerque : un cadre de sécurité pour une mission exceptionnelle
Comment poser un cadre clair et imaginer un mode opératoire pour venir en appui des agents à qui on confie une mission exceptionnelle car ils sont les mieux placés pour la mener, mais qui ont besoin d’être sécurisés ?
C’est l’objet de l’expérimentation menée à Dunkerque, avec pour premier terrain le service logistique animation de la Ville de Dunkerque, dont le chef de service a été chargé d’une mission à dimension intercommunale de recensement du matériel des 17 communes de la CUD. Plusieurs outils et modalités d’accompagnement de l’agent.e (numéro vert, lettre de mission, protocole co-construit …), seront testés en lien avec l’agent, sa manager, un parrain et une psychologue du travail. Un cadre de sécurité qui pourra être utilisé et/ou transposé à d’autres situations (notamment dans le cadre d’autres missions exceptionnelles liées à la mutualisation des services entre la CUD et les villes) si le test est concluant.

A Lyon et à Grenoble : se former à de nouveaux modes de management et « routines » d’équipes

A Lyon, l’expérimentation vise à co-produire et tester (en partie) une maquette de form’action autour d’un nouveau mode de management (« Manager à la Lyonnaise ») pour accroître l’autonomie des encadrant.es en cohérence avec leurs responsabilités. Deux terrains d’expérimentation ont été choisis, pour favoriser une lecture croisée et partant d’irritants vécus par les managers : le groupe de direction générale et le Territoire 3 de la Direction Education. Cette maquette pourra servir de base pour la consultation de prestataires de formation. Au delà de l’intention de réinterroger les modes de management chez les participant.es, l’expérience permettra de tester une nouveau processus d’ingénierie pédagogique « inversée » qui pourrait être appliqué à l’avenir à d’autres parcours de formation.

A Grenoble, l’objectif de l’expérimentation est de faire découvrir et tester une méthode de gouvernance partagée à des équipes pour clarifier qui fait quoi, valoriser le travail réel (et pas seulement celui de la fiche de poste !) et encourager la prise d’initiative et la créativité des agents dans un cadre sécurisé, où tout est “explicite”. Un parcours d’initiation en mode « jeu sérieux », partant d’un diagnostic des besoins de chaque équipe, avec des étapes à franchir et des choix d’options possibles (« cartographie des rôles » ou « réunion de triage »), a donc été conçu et sera testé à la rentrée avec les services Patrimoine arboré de la Métro et Nature en ville de la Ville (15 personnes environ dans chaque équipe).

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Journée interpistes (3) : des premières briques vers une transformation managériale et culturelle des collectivités https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/06/22/journee-interpistes-3-des-premieres-briques-vers-une-transformation-manageriale-et-culturelle-des-collectivites/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=journee-interpistes-3-des-premieres-briques-vers-une-transformation-manageriale-et-culturelle-des-collectivites Wed, 22 Jun 2022 17:09:18 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=712

Lors de cette journée du 9 juin réunissant toutes les participantes et participants au programme, nous avons invité Olivia Yves, consultante et conférencière, à poser son regard de spécialiste des transformations managériales, culturelles et RH et à apporter une prise de recul sur nos travaux. Voici les réflexions qu’elle nous a livrées :

Les projets en cours d’expérimentation dans le cadre du programme illustrent une nouvelle culture managériale que l’on peut intituler « co-responsable » : développer l’agilité, renforcer l’autonomie et la prise d’initiative, favoriser l’expérimentation, redistribuer autrement le pouvoir d’action au profit de l’intelligence collective, redéfinir le rôle du manager… Ces projets permettent d’initier, ou de conforter, une transformation managériale et culturelle dans les collectivités concernées. Ils constituent en tant que tel des pratiques managériales innovantes.

Qu’est-ce que l’innovation managériale ?

Nous considérons que le management coresponsable est l’innovation managériale.

Il s’agit d’une transformation majeure des pratiques et postures collaboratives entre (et pour) les managers et les collaborateurs, en vue d’évoluer d’une relation “Parent/Enfant” à “Adulte/Adulte”, dans le but de trouver le plus juste équilibre entre épanouissement personnel et performance professionnelle, afin de créer de nouvelles valeurs pour l’organisation, ses collaborateurs et son environnement.

(Source : L’innovation managériale en action, Francis Boyer, avec la collaboration d’Olivia Yves, Éditions Eyrolles 2020)

Ces projets peuvent entraîner un décalage culturel entre cette nouvelle tendance et des cultures bureaucratiques et stratégiques qu’on retrouve encore beaucoup dans les collectivités. C’est une étape. Une évolution managériale ou culturelle passe justement souvent par de petites initiatives prises à l’échelle d’un projet expérimental ou d’un service pour remédier à une problématique concrète et qui ensuite infusent potentiellement au sein de la collectivité.

Surtout, ne pensons pas que l’on ne peut rien changer sans changer l’organisation ! Les pratiques managériales innovantes constituent de nouvelles manières de se regrouper et de travailler en dehors de la répartition des responsabilités institutionnelles. Elles portent sur de nouvelles façons de se réunir, de décider, sur l’expression d’idées ou encore de nouveaux rôles au sein de l’organisation.

Attention cependant, ces transformations prennent du temps, entre 12 et 36 mois. Il s’agira alors d’être patient, de procéder étape par étape, et de ne pas hésiter à révéler et traiter les injonctions paradoxales qui émergeront forcément sur le chemin (exemple : soyez plus agiles (culture coresponsable) et respectez les règles (culture bureaucratique)).

3 pistes à garder en tête dans le cadre de ces expérimentations :

  1. Les valeurs collaboratives, un levier fort de transformation

Ces nouvelles pratiques managériales reposent avant tout sur un nouvel état d’esprit plus que des méthodes. Le levier de mobilisation se situe au niveau identitaire (qui nous voulons être) et sa formalisation s’effectue via des valeurs collaboratives, par exemple la confiance ou encore le partage.

Elles donnent du sens à l’exploration de nouvelles pratiques collaboratives et constituent un excellent outil d’animation d’équipe. Elles peuvent aussi être utilisées pour définir le cadre d’autonomie au sein duquel les agents pourront agir ou prendre des initiatives.

Pour en savoir plus : https://www.innovationmanageriale.com/collaboration-intelligence-collective/le-management-par-les-valeurs-mode-demploi/

  1. Les appétences, un levier d’exploration à tester

Et si on passait du savoir – faire (compétences) à l’aimer – faire (appétences) ? Une appétence est le plaisir provoqué par le traitement d’une activité confiée. Pourquoi ne pas utiliser le concept des appétences, en complémentarité (voire à la place) des compétences pour inciter les agents à se lancer dans les projets du programme ? Cela pourrait constituer un levier pour orienter les agents sur de nouveaux projets dans le cadre de micromobilités ou encore donner envie aux agents de prendre des initiatives, de proposer de nouvelles idées d’actions car elles leur permettent de s’épanouir dans le travail.

Pour en savoir plus : https://www.innovationmanageriale.com/bien-etre-plaisir/de-la-gestion-du-savoir-faire-au-management-de-laimer-faire/

  1. Expérimenter de nouvelles pratiques en se fixant des objectifs d’apprentissage

Aucune des organisations que nous avons rencontrées ou que nous accompagnons ne se sont imposées d’objectifs de performance lorsqu’elles ont décidé d’expérimenter de nouvelles pratiques managériales. Toutes se sont engagées dans ces démarches en se fixant des objectifs d’apprentissage, ce qui leur a permis de s’autoriser à échouer, à commettre des erreurs et d’adapter progressivement leurs nouvelles pratiques managériales.

Et n’oublions pas : Chacun d’entre nous, chaque jour, fait des choix perpétuant la culture bureaucratique dominante. Cela signifie par conséquent que chacun a aussi des opportunités modestes, mais significatives, de travailler différemment, de cocréer une culture organisationnelle différente. Lindsay Cole, fondatrice du laboratoire d’innovation publique de Vancouver

C’est ce que font les porteurs de projets du programme, merci à ces explorateurs de nous partager leur aventure collective !

 

 

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Journée interpistes (2) : s’inspirer https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/06/22/journee-interpistes-3-sinspirer/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=journee-interpistes-3-sinspirer Wed, 22 Jun 2022 10:31:45 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=707

Le dernier temps de la journée du 9 juin, qui a réuni toutes les participantes et participants au programme, était consacré à des problématiques transversales aux pistes de travail de Capacités publiques et aux différents tests en cours. Les participant.e.s de chaque groupe étaient invité.e.s à piocher une ressource à lire, une écouter ou visionner parmi celles que nous avions sélectionnées en amont, en lien avec chacune des trois thématique (et qu’on vous partage ci-dessous) :

Il s’agissait ainsi de trouver des inspirations pour …

  • Mettre en récit ses projets
  • Évaluer une démarche expérimentale
  • L’après-test (du test à la mise en oeuvre) 

Un temps de partage a ensuite permis à chacun.e de présenter sa ressource, en mettant en lumière ce qu’il ou elle en retenait pour la suite du programme. Difficile de résumer les échanges riches qui ont eu lieu dans chaque groupe, mais en voici un petit medley :

Mettre en récit ses projets

Mettre en récit, mettre en projet … Même si les collectivités manquent d’habitudes en la matière, la mise en récit peut-être un élément déterminant de démarrage d’une démarche, pour mettre en mouvement les individus et les collectifs. Plus généralement, la mise en récit est un projet dans le projet, avec sa stratégie, son calendrier, son management, ses livrables … et son volet ressource humaine. A quand des “chargé.e.s de la mise en récit” au sein de chaque collectivité ?

Quelques ressources inspirantes : Repères sur la mise en récit(s) de vos projets de transitions (CERDD), La capacitation citoyenne. Une année pour partager les pratiques et imaginer une nouvelle approche, Les cahiers de la prospective (Nantes Métropole).

Révéler tous les points de vue. Il faut distinguer la mise en récit (qui repose sur la capacité donnée aux personnes d’être les auteurs de leur vie, et encourage donc la subjectivité) du storytelling (récit dominant, imposé). Le récit peut permettre de redonner de l’estime, de la valeur aux territoires et aux personnes en donnant le point de vue de celles et ceux qui ont moins ou pas la parole (par exemple, en lien avec nos sujets, le point de vue des managé.e.s – pas seulement celui des managers – pour leur permettre de réinvestir subjectivement leur travail, de développer leurs propres normes). Cela suppose de représenter ce qui est important pour soi et pour chacun.e, et de montrer le rapport entre un sujet et son environnement, comme le font notamment les cartes sensibles.

Quelques ressources inspirantes : Raconter la vie, le projet éditorial initié par Pierre Rosanvallon au Seuil; les Cartes subjectives (Grrr Design), des cartes géographiques pour montrer comment le territoire est vécu personnellement et collectivement par des habitant.e.s ; TOPO-LEX, un site contributif pour enquêter sur les réalités matérielles du droit dans ses formes les plus diverses ; 

Comment ça se traduit dans Capacités publiques ? Nos participant.e.s repartent animé.e.s du souhait de jouer les reporters et d’aller recueillir le témoignage de leurs collègues “testeur.euse.s” sur le terrain, de les aider à exprimer leur vécu et ainsi à être encore plus acteurs de l’expérience.

Évaluer une démarche expérimentale

Une évaluation, des évaluations … Quand, dans le cadre de l’évaluation d’un service ou d’une politique publique, on s’attachera à questionner son efficience, dans l’évaluation d’un projet expérimental, on cherchera à collecter les enseignements tirés du test, des idées pour l’améliorer, etc. Si l’on peut évaluer en continu et/ou à différentes étapes de test, il est important de donner une fin à l’expérimentation. On pourra ensuite ainsi passer à une nouvelle itération (tester un autre aspect du dispositif, avec un autre service, à une autre échelle, etc.) ou à la mise en place du dispositif de manière pérenne.

Quelques ressources inspirantes : Évaluer les expérimentations : Enjeux et postures de l’évaluateur/rice (Quadrant conseil) ; Le design de l’action publique, vers une hybridation entre culture design et culture de l’évaluation (Quadrant conseil,SDS, 27e Région) ; L’évaluation de l’innovation, un terrain à conquérir (Acteurs publics)

Quelle place donner à l’usager dans l’évaluation  ? Plutôt que d’évaluer à postériori, construisons ensemble les indicateurs et évaluons en continu, collectivement, avec les usagers parties prenantes du test. On pourra dans ce sens rendre visible, formaliser, documenter au fil de l’eau les enseignements pour les partager plus largement et recueillir d’autres retours.

Quelques ressources inspirantes : Une Web-série “Evaluer l’expérimentation” qui invite à rencontrer les acteurs de l’innovation, en France et à l’international, dans des domaines variés : innovation urbaine, design, innovation sociale, industrie…  Un épisode est dédié à « Évaluer, avec qui ?”

Faire simple  ? Et si évaluer ce n’était pas si compliqué ? Et si c’était un processus plus apprenant ? Et si l’enjeu, c’était d’embarquer les agents et les parties prenantes, plus que de produire des métriques très sophistiquées ? Dans notre veille, nous avons identifié plusieurs jeux pour faire redescendre la pression d’un cran !

Quelques ressources : StratEval , un jeu pour élaborer collectivement une stratégie évaluative et ne pas résumer le travail d’évaluation aux outils que l’on déploie, mais d’abord réfléchir à ce que l’on veut faire (Quadrant conseil) ; Evalphobia, on a tous une bonne raison de ne pas évaluer (SDS) pour identifier toutes les bonnes raisons que l’on a de ne pas faire de l’évaluation (…et trouver les leviers à actionner pour permettre la mise en place de ce type de démarche).

Comment poser l’hypothèse de départ ? Finalement, qu’est-ce qu’on évalue? Ce qui différencie une démarche de design d’une autre approche, c’est que l’on va, face à un problème, formuler rapidement une intuition, l’hypothèse d’une réponse, à laquelle on donnera une forme tangible (un objet, un dispositif, etc.) qui fera l’objet du test, puis le façonner par ces boucles de rétroaction. C’est finalement cette hypothèse de départ, dont on va évaluer la validité (est-ce que mon intuition était bonne ?) et l’adéquation (est-ce que le dispositif, l’objet tel que je l’ai imaginé a la bonne ergonomie, correspond au besoin, au contexte, etc…)

L’après-test

Pas de test sans créer le cadre de l’après-test ! Si l’objectif est de développer la ou les solutions retenues, dans ce cas il faut commencer à répondre à certaines questions dès en amont : comment créer un cadre de confiance le plus tôt possible entre les participant.e.s ? Comment mettre en place un processus itératif qui permette aux participant.e.s de faire progressivement évoluer leurs représentations et donc leurs positions ? Quelles sont toutes les choses à faire concrètement pour créer de l’adhésion autour du projet : documentation, ambassadeurs, suivi du projet, etc. ?

Quelques ressources inspirantes : Dans “Le Lab des Labs”, Pérenniser et se renouveler (p.70-71), ou Comment travailler la viabilité d’un concept innovant (page 73 de “Adoptez l’esprit Proofmaking”)

Les valeurs au cœur de l’après-test… De nombreux projets échouent pour avoir surestimé la question des compétences – certes essentielle – mais sous-estimé l’importance de la vision et des valeurs qui les fondent. Comment sortir du flou ou de l’innovation-washing et expliciter la vision sincère qui sous-tend un projet ? Comment trouver le porteur de projet qui va prendre soin de cette vision ? Comment réussir une transmission, sans nuire à l’âme d’un projet mais sans la figer pour autant ? Des expériences de “portage en relais” à Mulhouse ou d’autres menées en Loire-Atlantique fournissent quelques pistes.

Quelques ressources inspirantes : le “portage en relais” dans la lutte contre le jet de mégots à Mulhouse, passer à l’échelle sans normaliser en Loire-Atlantique

Il faut trouver le bon rythme et la bonne méthode… Il n’y a pas de réponse unique. En fonction des contextes, il existe de nombreuses façons de penser le développement d’un projet (par exemple l’essaimage vertical vs l’essaimage horizontal), ou encore de penser les étapes d’un développement, anticiper sur les versions successives (V0, V1, V2, etc). Les acteurs de l’innovation, notamment, ont tiré de leurs expériences de nombreux conseils et astuces. Utilisons-les !

Quelques ressources inspirantes : des conseils pratiques pour choisir la bonne façon d’essaimer, par l’ANSA, et par l’AVISE, également ici.

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Journée interpistes (1) : s’entraider pour booster les tests https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/06/22/journee-interpistes-1-sentraider-pour-booster-les-tests/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=journee-interpistes-1-sentraider-pour-booster-les-tests Wed, 22 Jun 2022 09:08:55 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=699

Lors de la journée “interpistes” qui a réuni toutes les participantes et participants au programme le 9 juin dernier au lieu de la transformation publique à Paris, nous avons organisé un temps de co-développement autour de trois difficultés concrètes rencontrées dans la préparation ou conduite des tests.

Comment assurer les conditions de sécurité pour le test ?

Ce n’est pas toujours évident de convaincre managers comme agents de la plus-value de participer à un test. Pourtant, par souci de représentativité et pour engendrer un mouvement collectif au sein de la collectivité, nos testeur.ses souhaitent souvent embarquer avec eux les moins convaincus ou les moins familiers de la culture de l’expérimentation. Mais comment dépasser le paradoxe temporel de l’espace-temps rapide et contraint du test, peu approprié à la diffusion d’une nouvelle culture dans l’organisation à moyen voire long terme ? Choisir les bons partenaires, c’est aussi une des conditions pour une expérimentation réussie, puis pour son essaimage auprès d’un public plus large.

Ce que l’on retient de ce temps de codev :

  • Les allié.es de nos allié.es seront aussi nos allié.es. Effectuer une expérimentation dans de bonnes conditions c’est aussi accepter de jouer avec celles et ceux qui en ont envie, afin de coïncider avec la temporalité du test.
  • Il est nécessaire de capitaliser sur les réussites afin de proposer un récit attractif du projet ou du dispositif, et de faciliter son essaimage. Dans le top 3 des meilleurs moyens de diffuser une expérimentation on retrouve en effet … le bouche à oreilles. Faire comprendre et convaincre cela passe aussi par des exemples concrets dans lesquels peuvent se projeter agents et managers.
  • Expérimenter ne veut pas dire s’abstenir d’un soutien institutionnel. Un moyen de sécuriser une expérimentation et de faciliter sa diffusion au sein de la collectivité est de lui assurer un portage institutionnel et de lui trouver un atterrissage dans un cadre commun, un des axes du projet d’administration par exemple (transversalité, solidarités territoriales, etc.).

Comment mobiliser les agents ?

Comment embarquer les agents, de toutes catégories, dans les tests ? Comment bâtir un cadre de sécurité pour engager, une perspective partagée pour expérimenter, mais aussi faire vocabulaire commun ? Donner envie, c’est aussi penser le protocole et les objectifs du test en fonction des personnes à embarquer. Bref, ce sujet correspond au passage au réel du test. Quelques enseignements de nos échanges :

  • Clarifier collectivement les objectifs du test, pour l’équipe qui pilote l’expérimentation et pour le(s) agent(s) qui participent à l’expérimentation. Ne pas hésiter également à être transparent sur le cadre de l’expérimentation : l’expérimentation est bornée dans le temps, on teste une idée, un dispositif, avant tout pour en tirer des enseignements et pour l’améliorer (quitte à l’abandonner si on s’aperçoit qu’il ne correspond pas), pas pour le pérenniser tel quel.
  • Poser un cadre sécurisant pour les agents qui s’impliquent : donner les conditions très pratiques de cette mobilisation, sensibiliser les managers pour que les agents aient par exemple du temps dédié (quitte à les libérer d’autres tâches), s’assurer du portage de l’expérimentation, qu’elle sera évaluée, qu’elle aura des suites et/ou s’inscrit un contexte plus large,
  • … Mais ne pas figer les choses : si c’est une bonne idée d’embarquer les managers et la DG, il faut aussi préserver la souplesse et l’agilité du test :  “moins c’est écrit, plus j’ai de souplesse”…
  • Impliquer les agents dans la conception du test par exemple en les embarquant et en les outillant pour une immersion qui permette de mieux comprendre leur contexte, leur métier, d’identifier leurs attentes réelles vis à vis du test, de faire vocabulaire commun. Cette enquête pourra même aboutir à une production collective, voire une “œuvre” participative, qui permettra de valoriser et partager le travail commun.
  • Organiser des temps conviviaux pour donner envie et créer de la confiance.
  • Poser les bons critères de succès du test, qui ne doivent pas être trop larges (Pour tirer quels enseignements ? Pour mobiliser quels types d’agents ? etc.) et organiser une évaluation collective du test.
  • Anticiper les risques de non mise en oeuvre, se réserver la possibilité de ne pas faire le test si les bonnes conditions ne sont pas réunies.

Comment assurer l’autonomie des équipes suite au test ?

Lorsqu’on pilote un test (tout comme lorsqu’on accompagne une équipe quand on est consultant.e interne en organisation par exemple) se pose inévitablement les questions : jusqu’où dois-je aller ? quand dois-je m’arrêter et comment terminer le test (ou l’accompagnement) ? Comment passer le relais et “responsabiliser” l’équipe testeuse sur la mise en oeuvre en autonomie ?

On retient plusieurs éléments de réponse et points d’attention :

  • l’importance de poser un cadre dès en amont avec la ou le manager, en lui laissant la possibilité de ne pas engager son équipe dans le test si ce cadre ne lui convient pas.
  • être très clair sur le moment où l’on se retirera et sur les suites possibles qui pourraient être envisagées (par exemple que les RH viennent en appui du service pour la mise en oeuvre du projet, ou que le service se fasse accompagner par un tiers – formateur, consultant externe …).
  • repérer et sensibiliser en amont les possibles allié.es/relais pour la suite, y compris au sein de l’équipe testeuse (pas forcément, la.le manager, mais une personne particulièrement motivée à qui l’on confierait un rôle plus impliquant dans le test).
  • pendant les tests, ne pas trop “chouchouter” les équipes, laisser la place à l’imprévu et à ce qui va se jouer entre les personnes, pour ne pas leur donner l’impression qu’elles ne pourraient pas faire seules (sans notre expertise et notre accompagnement).
  • favoriser une autonomisation progressive de l’équipe/des équipes testeuses, par exemple en espaçant les temps d’accompagnement, en changeant de posture dans les réunions (en passant progressivement de pilote à témoin extérieur), en constituant et animant, à l’issue du test, un groupe de pairs pendant une période déterminée (avec une date de fin !).

Enfin, on doit noter des enjeux et questionnements récurrents et se croisant entre les trois groupes de codév  :

  • La communication sur le projet : si les projets s’inspirent de concepts tels que l’holacratie, le vocabulaire utilisé doit être plus simple et accessible pour favoriser la compréhension et l’envie de participer.
  • Le manque de de collaboration avec les RH, alors que les projets touchent aux RH et au management, ce qui questionne la suite donnée à l’expérimentation !
  • L’importance de se donner un état d’esprit différent sur ces tests : s’accorder le droit d’essayer, de se planter et d’ajuster.
  • Se rappeler quelques fondamentaux de la conduite du changement :
    • Mobiliser les allié.es sur les projets, et ensuite cela infusera grâce à leurs retours (ambassadeurs)
    • Tout changement culturel / managérial prend 2/3 ans. Ne pas vouloir aller trop vite
    • Essayer de comprendre plutôt que de convaincre

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Voyage vers la subsidiarité : retour d’expérience de la Ville de Caluire-et-Cuire https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/06/13/voyage-vers-la-subsidiarite-retour-dexperience-de-la-ville-de-caluire-et-cuire/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=voyage-vers-la-subsidiarite-retour-dexperience-de-la-ville-de-caluire-et-cuire Mon, 13 Jun 2022 10:40:04 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=692

Le 3 juin dernier, nous avons échangé avec la Ville de Caluire-et-Cuire (qui participe au programme sur la thématique “Portage d’initiatives spontanées”) pour mieux connaître la démarche qu’ils ont engagée il y a quelques mois autour de la subsidiarité.

A son arrivée à la Ville en 2016, Bernard Agarini, directeur général des services (DGS), les décisions y étaient encore très centralisées et l’organisation en silos prévalait. Pour dépasser cette organisation, il décide  de former l’ensemble de la ligne managériale au mode projet, obligeant ainsi chacun.e à aller chercher les compétences nécessaires au projet, y compris dans un autre service si besoin. Une mission organisation et méthode est également mise en place pour outiller le collectif des cadres et accompagner le changement, avec des agents prêts à donner du temps de travail pour épauler lors des moments cruciaux.

Bernard se saisit parallèlement d’une commande politique post attentats de création d’un événement autour des valeurs de la République, qu’il décline en une journée “intra” pour permettre aux agents de réfléchir aux fondements de leurs actions pour le public. En 2016, la journée est placée sous le signe de la laïcité, avec l’idée de promouvoir le droit et le devoir pour les agents de réfléchir et de s’exprimer; en 2017, la valeur “liberté” est interrogée, avec son corollaire de prise d’initiative, de développement de l’innovation et d’affirmation du droit à l’erreur. En 2018, la thématique de la fraternité ouvre la voie à un travail sur les valeurs managériales de la collectivité. Le collectif de cadres ajoute alors 4 valeurs (solidarité, bienveillance, cohérence, équité) aux 3 portées depuis son arrivée par le DGS (responsabilité individuelle, confiance, intelligence collective), le tout constituant un cadre de références pour les relations professionnelles au sein de la collectivité.

C’est quand se pose la question de l’articulation ou de la hiérarchisation entre ces valeurs, et de leur mise en mouvement qu’apparaît la notion de subsidiarité. Celle-ci affirme que chacun.e est légitime pour agir dans son périmètre d’action, parce qu’il ou elle est au plus proche du besoin et s’appuie sur les valeurs fixées collectivement. Ce principe est inscrit dans une charte managériale, et confirmé dans le projet d’administration en 2021. Entre-temps, l’apparition du Covid a accéléré le mouvement : face à l’incertitude et à l’apparition de nouveaux besoins, les agents ont su faire preuve (y compris aux yeux des élu.es) de leurs savoir-faire et de leur capacité d’adaptation.

Aujourd’hui, le projet d’administration fait l’objet d’une déclinaison dans tous les services : chaque service est invité à produire sa propre définition de la subsidiarité, dans un format libre. La seule contrainte étant que le support soit permanent, pour pouvoir rester dans les archives de la collectivité. Le service du guichet unique a ainsi produit un jeu de société avec une carte subsidiarité (“je suis responsable donc je gère des situations seul.e”), tandis que la Police municipale a réalisé une infographie et le service des parcs et jardins un schéma reprenant l’image d’un arbre. Chaque service a ainsi pu décliner les orientations du projet d’administration, sans vérification de cohérence a priori, et sans passer auparavant par un projet de direction (sauf pour les directeur.rices qui en ressentaient le besoin pour se l’approprier).

Si le projet d’administration comporte des exemples de situations concrètes de subsidiarité, il rappelle surtout des principes de responsabilité car “la subsidiarité ne se décrète pas, elle se travaille au quotidien, c’est un processus en évolution permanente. Si on a un cadre trop précis et figé, ce n’est plus de la subsidiarité, c’est du cadre”. Le droit à l’erreur est réellement reconnu, et de nombreux temps de régulation sont organisés (retours d’expérience, analyses de pratiques, etc.). Certains managers définissent malgré tout des procédures très cadrées, mais ce n’est pas la majorité des cas. La question de la gestion de l’information (l’organisation du flux pour faire connaître les décisions prises et permettre aux managers de les assumer, les canaux de circulation de l’information) est en revanche centrale.

A la question de la gestion de l’ego des managers qui lui est posée, Bernard insiste sur le rôle de l’exemple, et la reconnaissance à tous les niveaux (les managers eux-mêmes acquérant plus d’autonomie). Pour Emmanuelle Mazeaud et Mathilde Civale, qui accompagnent la démarche au sein du secrétariat général, il faut apprendre à faire la différence entre savoir et valider, et se poser la double question “Quelle est notre valeur ajoutée ?” (en tant qu’équipe) et “Quelle est ma valeur ajoutée ?” (en tant que manager).

Le sujet de la valorisation financière/des primes a d’abord été écarté car “il ne s’agissait pas d’un accroissement des tâches mais d’un accroissement de l’autonomie”. Par contre un travail connexe a été mené sur le bien-être au travail et les conditions d’exercice des missions (avec notamment des investissements réalisés pour lutter contre les troubles musculo squelettiques). La collectivité ayant récemment retrouvé des marges financières, il est aujourd’hui question de valoriser les missions ponctuelles.

Une autre question se pose : celle de la taille maximum de l’administration pour mettre en place ce type de pratique.  Pour Bernard, le seuil maximal est autour de 1000 agents (à Caluire il y en a 600). Dans des collectivités plus importantes un tel changement doit passer par d’autres moyens qu’une impulsion managériale unique, des systèmes de décentralisation poussée par exemple. Dans tous les cas, la question du cadre général à l’échelle de la collectivité se pose, ainsi que les besoins de formation et d’accompagnement des services.

Bernard rappelle en conclusion l’importance de donner du temps à une telle démarche car, s’il suffit parfois simplement de reconnaître des pratiques existantes, cela peut aussi nécessiter un travail de fond, mais qui sera bien compris et partagé si les agents se sentent impliqués, reconnus et valorisés. Il souligne également le rôle de l’exécutif, qui doit, sinon soutenir la démarche de manière affichée, au moins en valider l’esprit, l’enjeu et le sens.

Extrait du projet d’administration 2021-2026

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Management de la subsidiarité : bientôt les tests … https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/03/28/management-de-la-subsidiarite-bientot-les-tests/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=management-de-la-subsidiarite-bientot-les-tests Mon, 28 Mar 2022 13:46:34 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=643

Déjà la 3e session de notre groupe “Management de la subsidiarité” le 18 mars, avec les 7 organisations impliquées sur ce sujet : la Carsat Centre Ouest, la Communauté d’agglomération de Cergy Pontoise, la Communauté urbaine de Dunkerque, la Métro et la Ville de Grenoble, Nantes Métropole, la Ville de Lyon.

L’objectif de la matinée : finaliser les fiches décrivant les tests qui vont être menés dans les différentes organisations, et commencer à dérouler sur une ligne de temps qui va d’avril à octobre les étapes clés de chaque test d’une part, les actions et modalités de communication, documentation et évaluation d’autre part.

Tester n’est pas … lancer un projet 

La session démarre par une petite clarification sur la notion de test, et la différence entre un test et le lancement “classique” d’un projet, apportée par Romain Thévenet, designer, compagnon de route de La 27e Région et en appui sur le programme Capacités Publiques.

Tout d’abord, comme Romain le rappelle sans détour : dans un test on a le droit de rater. Un test sert précisément à voir ce qui marche … ou pas, avant d’en faire un “vrai” projet. Ce qui suppose de tirer tous les enseignements d’un test, pour faire évoluer le projet qui suivra le cas échéant. Et pour bien évaluer les éléments de réussite ou d’échec d’un test, en toute bienveillance, il est important de recueillir la parole des “usagers” du test.

Autre élément essentiel d’un test : sa date de péremption … Un test doit avoir une durée délimitée, sans quoi on risque “l’effet algeco” (l’expression est toujours de Romain, qui a gardé un souvenir mitigé de ses années de collèges dans des salles de classe en algécos) : un dispositif conçu comme temporaire et expérimental, donc forcément un peu inconfortable, mais qui reste en place parce qu’il ne fonctionne pas si mal … Même si le test fonctionne, il faut savoir l’arrêter, pour l’évaluer et l’ajuster avant de partir sur une dynamique plus pérenne.

Ce cadre général, celui du test, doit être explicite et clair pour toutes les parties prenantes, pour que l’inconfort, le “pas abouti”, le “pas encore validé” etc. soit acceptable et accepté, le temps du test.

Les participant.e.s soulèvent quelques difficultés rencontrées dans de précédentes expérimentations : le passage du test à la généralisation (qui peut passer par une nouvelle itération, une expérimentation plus longue); la difficulté à « embarquer » les collègues dans une démarche où l’on se donne le droit d’échouer.

Les 6 idées à tester d’ici octobre

On passe ensuite au partage et à la bonification, en deux groupes, des idées qui ont été émises lors de la précédente session, et approfondie dans l’intersession sous la forme de fiches de tests :

  • Un outil numérique pour aider à formaliser les champs de subsidiarité, co-construit et testé successivement avec deux services différents (Cergy-Pontoise)
  • Le passeport pour une mission exceptionnelle, pour poser un cadre clair et sécurisant pour un agent investi d’une mission exceptionnelle (Communauté urbaine de Dunkerque)
  • Le parcours d’initiation à la gouvernance partagée, un parcours de découverte ludique avec des étapes à franchir et des options possibles pour s’adapter aux contraintes des équipes (Métro et Ville de Grenoble)
  • La form’action “Manager à la lyonnaise” pour accroître l’autonomie des encadrants en cohérence avec leurs responsabilités, testée avec la direction de l’éducation et avec la direction générale (Ville de Lyon)
  • Le guide “équipier·e·s autonomes” pour définir et développer la subsidiarité, et plus particulièrement le périmètre d’autonomie et de responsabilité des agents, au sein d’une équipe (Nantes Métropole)
  • La transcription “en subsidiarité” d’un référentiel national par un groupe de managers de proximité (Carsat centre-ouest)

La session s’achève par un travail de projection, sur une frise chronologique, des actions très concrètes que chaque participant doit mettre en oeuvre dans les prochaines semaines et les prochains mois, pour donner vie à son idée de test.

Prochain temps collectif en juin, à Paris, avec l’ensemble des participant.e.s au programme, pour partager l’avancement des tests dans chaque organisation (les premières réalisations, les éventuelles difficultés rencontrées, les petites et grandes réussites, les premiers enseignements etc.), s’entraider et prendre un peu de hauteur sur nos travaux.

Exemples de fiche et de déroulé de test (cliquez sur l’image pour l’agrandir) :

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Management de la subsidiarité : inspiration, expiration … https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/02/28/management-de-la-subsidiarite-inspiration-expiration/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=management-de-la-subsidiarite-inspiration-expiration Mon, 28 Feb 2022 16:18:07 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=401

Après une première session organisée le 14 janvier, le groupe s’est à nouveau réuni le 2 février pour  partager des expériences inspirantes en matière de management de la subsidiarité, et aller plus loin dans les premières idées de tests. 

Quelles pratiques managériales inspirantes dans les collectivités territoriales ?

L’expérimentation de l’holacratie à la Métropole de Grenoble (présentation par Nadia)

L’holacratie repose sur le principe que toute organisation est orientée vers une raison d’être – son but ultime à atteindre – et que sa gouvernance est organisée en fonction de cette raison d’être. L’organisation est représentée sous forme de cercles qui sont autant de domaines d’activité et s’incarnent généralement à travers une équipe ou un service. Au sein de chaque cercle, l’autorité est distribuée via des rôles et des redevabilités. Les rôles correspondent à ce dont une équipe a besoin au quotidien, ils clarifient le « qui fait quoi » dans l’organisation. Ils se distinguent de la personne, et sont évolutifs (quand une personne remplit un rôle, on dit qu’elle l’énergise). Chaque personne a une totale autonomie pour réaliser ses actions et ses objectifs dans le cadre de son rôle. 

Les règles de coopération sont formalisées dans une constitution, qui repose sur deux piliers :

  • Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé
  • L’organisation est pilotée par ses tensions (une tension est le décalage entre la réalité et ce que l’on souhaite, elle n’est pas forcément négative).

Pour traiter ces tensions, l’holacratie propose deux types de réunions : la réunion tactique/stratégique pour traiter des tensions et la réunion de gouvernance pour évaluer et faire évoluer les rôles de chacun. 

Ce système est expérimenté depuis un an au sein de l’équipe chargée de l’innovation à Grenoble Alpes Métropole d’une part, de la transition énergétique d’autre part. Il s’inscrit bien dans la philosophie d’un management de la subsidiarité en favorisant à la fois la prise d’initiative, le partage et la clarification des responsabilités, mais aussi l’efficacité dans la conduite des réunions. L’autre avantage mis en lumière par Grenoble est que les rôles sont dynamiques et permettent de bien distinguer la personne de la fonction.

A la Métro de Grenoble, l’holacratie n’a pour l’instant été testée qu’à petite échelle (deux équipes d’une quinzaine de personnes chacune, en grande majorité des cadres) et la question de son déploiement à d’autres directions (notamment les RH, mais aussi des équipes d’agents de terrain) se pose. 

A la Ville de Grenoble, où l’holacratie est également expérimentée au sein d’une équipe depuis quelques mois, la direction générale souhaite inscrire ce fonctionnement dans son projet d’administration, ce qui suppose un changement d’échelle, des nouvelles pratiques, et un accompagnement des agents. 

Un nouveau référentiel managérial inspiré de l’organisation libérée, à Annemasse (Aissia et Aurélie)

Depuis 2016, la Ville d’Annemasse a mis en place un nouveau référentiel managérial inspiré de l’entreprise libérée. La requalification de la bibliothèque Pierre Goy, et la création d’un tiers lieu culturel en 2019, « la Bulle », sont deux exemples de sa mise en pratique.

Dans le projet de la bibliothèque Goy, si les objectifs et les moyens disponibles pour la requalification ont été définis par l’élue et la direction en amont, toute l’équipe (y compris les agents d’entretien) a été impliquée dans des groupes de travail thématique, chargés d’identifier les problèmes et de proposer des solutions. La participation à ces groupes était obligatoire, mais chacun.e pouvait choisir sa thématique et son niveau d’implication, ce qui a permis d’embarquer même les personnes les plus en retrait au départ. Pour la « Bulle », la logique d’autonomisation a été poussée un cran plus loin puisque les groupes de travail et les outils de pilotage ont été co-construits par l’équipe du lieu (“par défaut, tout est de leur ressort, et s’ils sont face à une difficulté ils peuvent faire remonter aux échelons supérieurs”), dans le respect non plus d’objectifs mais des valeurs d’inclusion, de coopération, d’ouverture et d’innovation (“le partage des valeurs est ce qui a permis au collectif de rester aligné, de réguler les tensions, de se faire confiance pour avancer tous dans le même sens”)

Autre évolution notable : ces groupes de travail ont aussi intégré cette fois des élu.e.s et des habitant.e.s. 

Dans les deux cas, ce mode de fonctionnement a permis une grande réactivité (“des choses ont été mises en place en moins de 48h!”), a favorisé la prise d’initiatives et la montée en compétences des agents, et a permis de prendre des décisions innovantes (par exemple de supprimer les postes de travail assis) sans rencontrer d’opposition de la part des équipes, puisqu’elles en étaient elles-mêmes à l’origine. Aurélie souligne cependant les conditions nécessaires à la réussite d’une telle expérience :

  • du côté des directeurs, un nécessaire “lâcher prise”, pour accepter d’avoir une visibilité partielle ou du moins non immédiate sur tout ce qui se passe, 
  • un cadre, des objectifs et une commande politique clairs,
  • des outils qui permettent de réajuster le projet en cours de route, pour aligner vision et actions (ici des outils numériques et de pilotage collaboratifs) 

Avec une limite cependant : “quand on y a goûté” (pour les responsables comme pour les équipes), il est difficile de se réadapter à un environnement de travail “classique” …

La conduite d’opérations dans les services départementaux d’incendie et de secours (Lieutenant-Colonel Emmanuel Viaud, chef du pôle ressources humaines du SDIS73) 

La subsidiarité s’incarne de manière très explicite dans les opérations de secours menées par les pompiers : les équipes sont en effet autonomes dans leurs interventions (c’est celui qui est au plus proche du problème qui décide), elles ont une grande réactivité et une réelle capacité à inventer des solutions pour faire face à la complexité et l’incertitude des environnements d’opérations. 

Cette grande autonomie laissée sur le terrain aux équipes (le commandant des opérations de secours (COS) ne vient pas contrôler l’action de chacun.e) repose sur quelques grands principes :

– un sens clair donné à l’action et un cadre de référence commun sur l’intervention ;

– une formation commune régulière ; 

– un collectif fort avec suppléance possible du manager ;

– des réussites fêtées et une culture du RETEX (les Retex locaux venant parfois nourrir et faire évoluer la doctrine opérationnelle nationale guide doctrine opérationnelle Exercice du commandement et conduite des opérations).

Autre pratique intéressante en intervention : la montée en puissance des secours pour s’adapter aux besoins, et le commandement évolutif, transféré au fur et à mesure de l’arrivée des commandements sur une opération.

A noter que cette culture managériale au niveau opérationnel ne se retrouve en revanche pas dans le cadre des activités fonctionnelles du SDIS (finances, RH, informatique, logistique, com’, formation …), où l’on retrouve la logique de silos et une organisation plus hiérarchique. 

Emmanuel Viaud identifie deux pistes principales pour travailler un management de la subsidiarité :  

  • la création d’un  « circuit de confiance » (dans la subsidiarité “chacun fait et se fait confiance”) basé sur des valeurs communes, des rôles, des processus et un référentiel managérial coconstruit, instaurant un droit à l’erreur.
  • le changement de posture du leader, qui ne doit plus être dans le contrôle ni se concentrer sur la technique, mais s’attacher au sens et aux conditions de la confiance et de l’autonomie de ses équipes

Lors du tour de table qui suit ces trois riches présentations, un point fort ressort : celui de l’importance de cultiver la confiance et de poser un cadre favorisant l’autonomie (“un cadre et un processus c’est la condition de la liberté”). Avec quelques questions délicates à la clé : à quelle échelle poser ce cadre ? Comment concilier la temporalité (électorale) de la collectivité et le temps nécessaire pour ancrer ces pratiques dans l’organisation et lever les freins culturels ?  

Précisons nos idées : et si… ?

La session s’achève par un travail, en deux groupes, de précision des premières idées de test, en repartant des besoins/problématiques identifiés dans la première session

Chaque participant.e était invité.e à replacer, en face de son idée de test, trois à quatre « cartes besoins » pour vérifier que sa problématique répondait bien à ses besoins prioritaires. 

Puis nous nous sommes essayés à la reformulation des idées en défi “Et si … ?”, avec quelques petits conseils utiles  : être concret et ancré, ne pas viser pas une utopie … mais en même temps donner envie, être ambitieux… et ne pas hésiter à être radical dans la formulation du défi. Pas si facile !

Pour stimuler les porteurs de défis, des cartes “Pimp up” pouvaient être actionnées par les autres participant.e.s : “plus osé”, “plus ludique”, “plus collaboratif”, “plus humain” …

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Management de la subsidiarité : ouverture du chantier https://capacitespubliques.la27eregion.fr/2022/02/14/management-de-la-subsidiarite-ouverture-du-chantier/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=management-de-la-subsidiarite-ouverture-du-chantier Mon, 14 Feb 2022 10:41:34 +0000 https://capacitespubliques.la27eregion.fr/?p=133

Le 14 janvier 2022 s’est tenue (en visio) la première session de Capacités publiques autour de la piste “Management de la subsidiarité”. Elle a réuni une quinzaine d’agents issus des organisations partenaires mobilisées sur ce sujet (Carsat Centre Ouest, Communauté d’agglomération de Cergy Pontoise, Communauté urbaine de Dunkerque, Métro et Ville de Grenoble, Nantes Métropole, Ville de Lyon). L’objectif du jour : documenter la thématique “management de la subsidiarité” en partant des contextes et expériences vécues au sein des sept organisations, pendant le premier confinement mais pas seulement, et énoncer des premières idées de problématiques pour les futurs tests.

Voici quelques éléments saillants de ce premier temps collectif relevés par Maxime, de la Communauté urbaine de Dunkerque, et Maryline, de la Communauté d’agglomération de Cergy Pontoise.

Management de la subsidiarité : de quoi parle-t-on ?

Dès les premiers moments de la session est apparu le besoin de redéfinir les termes utilisés par les participant.e.s, à commencer par celui de subsidiarité, qui s’est révélé être à géométrie variable. 

La définition de l’Union européenne nous a apporté un premier éclairage bien utile : Le principe de subsidiarité consiste à réserver uniquement à l’échelon supérieur – ici l’Union européenne (UE) – ce que l’échelon inférieur – les États membres de l’UE – ne pourrait effectuer que de manière moins efficace. Ce principe vise à permettre l’exercice du pouvoir au plus près des citoyens, l’Union n’intervenant qu’à titre subsidiaire. Introduit dans le droit européen par le traité de Maastricht (1992), le principe de subsidiarité a été consacré par le traité de Lisbonne comme principe fondamental de l’Union, aux côtés des principes d’attribution et de proportionnalité (art. 5 TUE)

Elle a été complétée, après la session, par une définition appliquée du principe de subsidiarité appliqué au management : 

La subsidiarité repose sur l’idée d’une responsabilité déléguée à l’échelon le plus adéquat. Principe : qu’une autorité centrale ne puisse effectuer que les tâches qui ne peuvent pas être réalisées à l’échelon inférieur. La délégation est ainsi renversée : ce n’est plus le dirigeant qui délègue à la base certaines décisions ou certains projets, mais le contraire. C’est lorsqu’une situation excède les compétences d’une entité qu’elle est transmise à un échelon hiérarchique supérieur. Ainsi, toute responsabilité doit être assumée par ceux qui sont confrontés à la problématique à résoudre, au plus proche du terrain.” (on vous conseille de lire cet intéressant article sur le sujet).

Le terme parle aussi de manière différente (quoique …) aux interco du groupe, pour lesquelles la subsidiarité est un principe essentiel de la relation avec les communes membres (avec les difficultés liées au partage de responsabilités et “le millefeuille de relations” … bien sûr illisibles pour les usagers!).

Plusieurs autres termes plus ou moins “cryptés” sont revenus dans les échanges, qu’il conviendra pour certains de mieux définir par la suite : autonomie managériale, cadre de confiance, administration libérée, gouvernance partagée / élargie / explicite, Holacratie, responsabilité/responsabilisation…

Rapidement, les échanges ont tourné autour de l’autonomie (qui ne doit pas conduire à l’isolement !) et du cadre nécessaire pour la faire fructifier, en faisant le parallèle avec le cadre de sécurité. Parmi les étonnements relevés par Maxime et Maryline : le besoin accru de repères dans un contexte organisationnel et politique mouvant, qui rendent souvent les environnement de travail instables ; la critique parfois faite aux RH de ne pas suffisamment accompagner, valoriser … voire de faire obstacle aux transformations. Une critique qu’ils considèrent comme “un dernier recours un peu facile” face à la difficulté de mettre en place les changements.

Les attentes des participant.e.s : pourquoi sont-elles et sont-ils là ? quel est le contexte dans leur organisation ?

Si les organisations autour de la table (ou plutôt de l’écran) sont diverses, elles partagent des éléments de contexte communs : un bilan de la crise Covid à prendre en compte, un projet d’administration en cours ou tout juste adopté (avec parfois une transformation organisationnelle à la clé), une attente de la DG (et parfois des élu.e.s) en termes d’autonomie et de responsabilités des agents et des managers et plus largement d’évolution des pratiques.

Les attentes des participant.e.s vis-à-vis du programme se rejoignent aussi largement : partager des expériences d’horizons différents, échanger avec des pairs, se conforter mutuellement (“faire le constat qu’on vit la même chose les uns et les autres”, “trouver des copains pour en parler”); certain.e.s recherchent des méthodes et outils pour mettre en oeuvre concrètement ces nouvelles orientations, et accompagner les changements de posture qu’elles impliquent. 

D’où on part ? quelques exemples marquants de situations vécues dans les organisations pendant le 1er confinement (et/ou avant, après) Ajoutez votre titre ici

Les “anecdotes” partagées par les participant.e.s d’expériences vécues dans leur organisation en lien avec notre thématique se sont révélées riches et très diverses (et résonneront sans doute avec les vôtres), on vous en livre quelques-unes :

En matière de nettoiement, le territoire est découpé mais lors d’un changement d’équipe, on s’est aperçu sur le terrain que les équipes s’étaient organisées entre elles pour se faciliter le travail sans prendre en considération ces « frontières » administratives. Cette organisation a été confirmée et validée par la hiérarchie car elle était opérante et efficace.

Avant la Covid, l’ouverture d’un espace collaboratif sur notre intranet nécessitait d’intégrer une expérimentation, une formation, une, deux, trois… validations. Pendant le confinement, face à l’urgence de mettre en place ces outils et d’en libérer l’accès, il suffisait d’un mail informant que l’on avait vu avec son chef et c’était ouvert ! 

Pendant le confinement la procédure de versement des subventions a été très allégée pour garder le rythme du versement et ne pas mettre les acteurs en difficulté. L’équipe était très fière de son efficacité in fine et de son adaptation … mais s’est précipitée pour remettre en place notre procédure bien lourde et sécurisée à la fin du confinement, sans tirer les enseignements de ce mode dégradé. 

Il y a quelques mois, la DSI a développé un outil collaboratif en partant des besoins d’une direction puis a expérimenté cet outil sans aucune validation hiérarchique. La DG a découvert a posteriori l’utilisation de cet outil dans sa phase expérimentale, est ravie de son existence et cherche un autre terrain d’expérimentation. Les collègues ont bien fait de se passer du circuit de validation habituel !

Le projet de rapprochement de deux directions repose sur les épaules d’une personne qui n’a pas forcément le type de poste pour le faire, mais qui a la confiance de l’encadrement. Cette situation fragilise la personne car elle est parfois laissée seule aussi bien sur des volets d’animation ou de consignation d’idées que sur des sujets plus structurants qui impacteront la future vie professionnelle des agents. Quand la confiance accordée se transforme en surexposition d’un agent non préparé aux risques, aux conflits et aux responsabilités d’un si gros projet, sans reconnaissance derrière…

Les anecdotes révèlent également l’écart entre des organisations déjà engagées dans une transformation profonde de leurs pratiques managériales (même si ce n’est partout dans leur administration) et d’autres encore au stade du “dépoussiérage”, qui ont parfois connu “des rendez-vous manqués sur lesquels capitaliser, vulgariser, rendre les choses simples et lisibles”. “On a peut-être encore un vieux logiciel, on a peut-être soigné nos relations usagers mais pas nos relations agents” confie une participante.

Les premières problématiques identifiées

Le recueil des attentes et des anecdotes des participant.e.s nous a permis de dresser un panorama des questions et des besoins auxquels les tests devront apporter des premières réponses, que nous avons reformulées après la session ainsi :

  • Comment pourrait-on construire un cadre de confiance entre managers et agents ?
  • Comment pourrait-on clarifier la ligne hiérarchique ?
  • Comment pourrait-on répartir les responsabilités et les décisions aux bons niveaux ?
  • Comment pourrait-on formaliser un mandat ?
  • Comment pourrait-on valoriser la prise de responsabilité autrement que par une prime ?
  • Comment pourrait-on rassurer un agent à qui on confie de nouvelles responsabilités ?
  • Comment pourrait-on éviter aux agents de s’épuiser sous le poids des responsabilités (quand il n’y sont pas préparés) ?
  • Comment pourrait-on sécuriser les agents et les managers dans les situations exceptionnelles ?
  • Comment pourrait-on simplifier et réduire les procédures, circuits et délais de validation ?
  • Comment pourrait-on favoriser l’auto-régulation de la charge de travail ?
  • Comment pourrait-on encourager et faciliter la prise d’initiatives ?
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